‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 27 sur 122 · AMPHITRYON, SOSIE · texte numérisé non relu

AMPHITRYON, SOSIE

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AMPHITRYON

Aion: , marche ; suis-moi. | SOSIE.

Je m'empresse d'obéir, je vous suis de bien prés. AMPHITRYON.

Tu me parats un fort mauvais sujet.

SOSIE

Pourquoi donc?

AMPHITRYON

Tu as l'effronterie de me soutenir une chose qui n'est pas; une chose sans vraisemblance , absolument impossible.

SOSIE

Voilà bien comme vous étes; vous refusez de croire ceux qui sont à votre service.

AMPHITRYON

Que dis-tu ? Par Hercule , je ferai couper jusqu'à la racine ta maudite langue; coquin........

SOSIE

Je vous appartiens ; ainsi, faites de moi tout ce qu'il vous plaira, vous .en avez le droit; mais vous ne m'empécherez jamais de vous raconter les choses comme elles se sont passées.

AMPHITRUO.

Scelestissime! audes mihi praedicare id, Domi te esse nunc, qui hic-ades?

SOSIA.

Vera dico.

AMPHITRUO.

Malum quod tibi dii dabunt, atque ego hodie dabo.

SOSIA.

Istuc tibi est in manu : nam tuus sum.

AMPHITRUO.

Tun’ me, verbero, audes herum ludificari?

Tun' id dicere audes? quod nemo unquam homo antehac Vidit, nec potest fieri, tempore uno, ' Homo idem duobus locis ut simul sit ?

SOSTA.

Profecto , ut loquor, ita res est.

AMPHITRUO.

Jupiter te perdat!

$OSIA.

Quid mali sum , here, tua ex re promeritus ?

AMPHITRUO.

Rogasne, inprobe, etiam, qui ludos facis me?

Merito maledicas mihi, si id ita factum est.

. Verum haud mentior, resque uti facta, dico. A MPHITRUO.

Homo hic ebrius est, ut opinor.

Impudent! tu ptétends donc me persuader que tu es à la maison , en même temps que je te vois ici.

Je ne dis rien que de vrai.........

AMPHITRYON

-Puissent les dieux te traiter comme je suis tenté de le faire aujourd'hui moi-méme!

Vous le pouvez ; car je vous appartiens.

AMPHITAYON. .——

Maraud! tu ne crains pas de jouer ton mattre. Oses-tu bien me raconter tes sottises? ce que personne n'a vu, ce qui ne saurait jamais arriver; un homme se trouverait à la fois en deux endroits différents ?

SOSIE

Certainement , la chose est telle.

AMPHITRYON

Que Jupiter te confonde !

| SOSIE

Pourquoi, mon cher maître, me traiter ainsi | l'ai-je done

mérité ? | | | AMPHITAYON.

Misérable ! tu me le demandes ; toi qui as la hardiesse de

me railler.

| SOSIE

Si je vous trompe , vous avez raison de vous fücher; mais

je vous proteste que j'ai dit vrai.

| AMPHITRYON

Cet homme est ivre , je ne puis en douter.

SOSIA.

Utinam ita essem! -

AMPHITRUO.

Optas quae facta. ‘ SOSIA.

Egone?

AMPHITRUO.

Tu istic, ubi bibisu?

SOSLA.

Nusquam equidem bibi.

AMPHITRUO.

Quid hoc sit hominis '?

$OSIA.

Equidem decies dixi :

Domi ego sum, inquam :

Ecquid audis? et apud te assum Sosia idem. .

Satin' hoc plane, Satin' diserte, here, nunc video tibi loquutus Esse? | AMPHITRUO.

Vah! apage te a me.

Quid est negotii?

Pestis te tenet?

SOSIA.

Nam cur istuc dicis?

Equidem valeo, et salvos sum recte, &mphitrue,

Plût au ciel !

AMPHITRYON

Tu souhaites ce qui est déjà fait.

| SOSIE

Moi? E !

| AMPHITRYON

Toi méme. En quel endroit t'es-tu enivré?

SOSIE

Je n’ai bu nulle part.

| AMPHITRYON

Quel homme !

Je vous l'ai dit cent fois : Sosie, ce moi qui vous parle , ce moi, est en ce moment chez nous. M'entendez - vous? Je crois, mon. cher maître, qu'on ne saurait mieux parler , ni s'expliquer plus\positivement , plus clairement. Que vous en

semble ? | | | ?

AMPHITRYON

Va, pendard T retire-toi.

SOSIE

Pour quelle raison ?

AMPHITRYON

Às-tu perdu la tête P EE

Pourquoi r m 'aspostropher. ainsi? en vérité, mon cher maître, je me porte à merveille et je suis dans mon bon sens.

- — M —— € —À— — — S m mo

Ml

Edissertavit ; tum formam una abstulit cum nomine; Neque laclacti magisest simile,quam ille ego similis est mei Nam ut dudum ante lucem a portu me praemisisti domum.

AMPHITRUO.

Quid igitur?

SOSIA.

Prius multo ante aedis stabam quami illo adveneram. AM PHITRUO.

Quas, malum, nugas! satin' tu sanus es?

Sic sum, ut vides.

Huic homini nescio, quid est mali mala objectum manu, Postquam a me abut. | .. SOSIA.

Fateor : nam sum obtusus pugnis pessume.

AMPHITRUO.

Quis te verberavit?

SOSIA.

Egomet memet, qui nunc sum domi.

AMPHITRUO.

Cave quidquam , nisi quod rogabo te, mihi responderi Omnium primum iste qui sit Sosia, hoc dici volo. — | | SOSIA.

Tuus est servus.

AMPHITRUO.

Mihi quidem uno te plus etiam est quam volo : Neque, postquam sum natus, habui nisi te servum Sosiam.

venons de livrer à l'ennemi; il n'a pas omis une seule cir- . constance ; il a st bien pris en méme temps mon nom et ma figure, que deux gouttes de lait ne se ressemblent pas mieux que ce moi-là ne me ressemble. En effet, comme vous m'avez envoyé chez nous, du port, long-temps avant le jour......... Hé bien ! J'étais devant notre maison long-temps méme avant d'y être arrivé.

AMPHITAYON.

Scélérat, tu m'en donnes à garder. As-tu le cerveau félé ? SOSIE.

Je suis tel que vous me voyez.

AMPHITRYON

Après m'avoir quitté, ce maraud sera tombé entre les mains d'un magicien (2) qui lui aura donné je ne sais quoi pour lui faire perdre la raison.

SOSIE

J'en conviens, car j'ai reçu force coups de poing. AMPHITRYON.

Qui t'a frappé?

SOSIE

Moi, ce moi qui est présentement à la maison.

^ . AMPHITRYON. C

Prends-y garde, répons bien exactement à mes questions.

Premièrement , il faut me dire quel est ce Sosie? SOSIE.

Votre humble valet.

AMPHITAYON. .

J'en ai trop d'un Sosie; et depuis que je suis né, je n'eus jamais d'autre valet que toi qui s'appelát Sosie.

SOSIA.

At ego nunc, Amphitruo, dico; Sosiam servum tuum Praeter me alterum , inquam, adveniens faciam ut obfendas domi, ‘ Davo prognatum ; patre eodem quo ego sum : forma, aetate item Qua ego sum : quid opu 'st verbis? geminus Sosia hic factu 'st tibi. | AMPHITRUO.

Nimia memoras mira : sed vidistin' uxorem meam? | SOSIA.

Quin introire in aedis numquam licitum "st.

AMPHITRUO.

Quis te prohibuit?

SOSIA.

Sosia ille, quem jam dudum dico, is qui me contudit. AMPHITRUO.

Quis istic Sosia 'st?

SOSIA.

Ego , inquam : quoties dicendum ‘st tibi?

A'MPHITRUO. | Sed quid ais? num obdormivisti dudum ?

* SOSIA.

| Nusquam gentium.

AMPHITRUO. | Ibi forte istum si vidisses quemdam in somnis Sosiam. . | SOSIA. | Non soleo ego: somniculose heri imperia persequi.

SOSIE

Et moi je vous dis, mon cher maître, que je vous ferai trouver, en entrant chez vous, encore un autre Sosie, un autre moi, un autre fils de Davus; né du même père que moi; de méme taille, de méme áge que moi. Que faut-il de plus? votre Sosie est devenu double.

AMPHLTRYON.

Tu me contes-là de jolies choses. Mais as-tu vu mon épouse ? Non, sans-doute : on m'a vigoureusement interdit l'entrée du logis.

AMPHITRYON

Qui donc?

SOSIE

Ce Sosie dont je vous ai tant parlé et qui m'a roué de Coups.

AMPHITRYON

Quel est ce Sosie ?

SOSIE

Moi, vous dis-je. Combien de fois dois-je vous le répéter ? AMPHITRYON.

Mais que dis-tu? ne te serais-tu pas endormi ? SOSIE.

Point du tout. | AMPHITRYON.

Et n'aurais-tu point cru voir en songe cet autre Sosie ? SOSIE. | Je n'ai pas coutume de dormir quand il s’agit d'exécuter les ordres de mon maítre. Jel'ai vu, étant éveillé , éveillé

Vigilans vidi, vigilans nunc te video, vigilans fabulor. Vigilantem ille me jam dudum vigilans pugnis contudit. | AMPHITRUO.

Quis homo?

SOSIA.

Sosia, inquam , ego ille : quaeso, nonne intelligis? AMPHITRUO.

Qui, malum, intelligere quisquam potis est, ita nugas blatis? SOSIA.

Verum actutum nosces.

AMPHITRUO.

Quem?

SOSIA. | Illum nosces servum Sosiam.

A MPHITRUO.

: Sequere hac igitur me : nam mi istuc primum exquisito est opus. .

Sed vide ex navi efferantur quae jam imperavi omnia. SOSIA. | Et memor sum, et diligens, ut quae imperes compareant. Non ego cum vino simitu ebibi imperium tuum.

| AMPHITRUO.

Utinam di faxint, infecta dicta re eveniant tua!

comme je le suis en vous voyant, et en vous parlant , et je vous proteste que le drôle n'était pas moins éveillé que moi quand il m'assommait à coups de poing.

AMPHITRYON

De qui me parles-tu ?

SOSIE

De Sosie, de moi. Ne pouvez-vous donc me comprendre? | AMPHITRYON.

Qui diable pourrait comprendre quelque chose à tant de balivernes? —

SOSIE

C'est bon : vous allez le voir.

AMPHITRYON

Qui?

SOSIE

Votre valet Sosie. Vous le reconnattrez.

AMPHITRYON

Suis-moi donc par ici. Je veux absolument débrouiller ce chaos. Mais non ; prends soin de faire apporter du vaisseau tout ce que je t'ai commandé.

SOSIE

J'ai bonne mémoire et bonne volonté; vos ordres seront ponctuellement exécutés, car je ne les ai point avalés avec le vin que vous me reprochez d'avoir bu.

AMPHITRYON

Fassent les dieux qu'il n'y ait rien de réel dans tout ce que

tu m'as raconté !

SCENA II

ALCUMENA, AMPHITRUO, SOSIA, THESSALA.

ALCUMENA.

Satin' parva res est voluptatum in vita Átque in aetate agunda Praequam quod molestum est? Ita cuique comparatum Est in aetate hominum; Ita dis placitum, voluptatem ut moeror comes cons: quatur: Quin incommodi plus maliqueillicoadsit, bonisiobtigitquid. Nam ego id nunc experior domo, atque ipsa de me scio, cui voluptas Parumper data'st ; dum viri mei mihi potestas videndi fuit Noctem unam modo, atque is repente abiit a me hinc ante lucem.

Sola hic mihi nunc videor; quia ille hinc abest, quem ego amo praeter omnes.

Plus aegri ex abitu viri, quam ex adventu voluptatis cepi. Sed hoc me beat saltem , quod perduelles vicit, et domum Laudis compos revenit : id solatio est. Absit, dum modo Laude parta domum recipiat se : feram et perferam usque Abitum ejus animo forti atque obfirmato, id modo si mercedis Datur mihi, ut meus victor vir belli clueat'. Satis Mihi esse ducam. Virtus praemium est optimum :

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