‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 45 sur 122 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

BROMIA, AMPHITRYON.

BROMIA.

Jx suis anéantie, tout est perdu pour moi; l'espérance, le repos de ma vie, le courage! tout ce que j'ai vu, trouble et confond ma raison ! le ciel, la terre et la mer ont conspiré ma perte! que je suis à plaindre! je ne sais à quoi me résoudre... Que de prodiges se sont opérés à mes yeux, dans cette maison! malheur à moi ! je ne sais que devenir. Je me sens défaillir, et j'aurais besoin de calmer mon émotion. Ma tête s'égare... je ne puis plus ni voir, ni entendre. Non, non, jamais on ne verra de femme plus à plaindre que moi, tant ll est arrivé de choses extraordinaires à ma pauvre mattresse. À peine a-t-elle senti les premières douleurs de l’enfantement, qu’elle s’est mise à invoquer les dieux. Aussitôt, quel bruit! quel fracas! quel orage! Comme le tonnerre grondait ! quels coups redoublés! Chacun se jette la face contre terre ; une voix terrible fait entendre à l'instant ces paroles : « Alcmène, je viens vous secourir. Rassurez-vous : car,le mattre des dieux vous sera propice, à vous, à votre famille. Levez - vous tous, ó vous que la crainte et la frayeur avaient presque anéantis. » Je me relève encore tremblante,

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