SCÈNE I
1. — Assiduo. Ce n'est pas ladverbe qui signifie foujours , mais c'est le datif d'assiduus, qui signifie la méme chose que locuples. — . Assiduus ab asse dando ; Aulu-Gelle, lib. XVI, cap. 10.
2. — Quietus ne sies. La seconde personne est ici pour la troisième ou pour une personne indéfinie. Cette maniére élégante de s'exprimer est usitée dans notre langue.
3. — Quum illo adyenero. Illo est adverbe de lieu avec mouvement employé pour illuc.
4. — Expugnassere. Infinitif de la vieille latinité, pour marquer une action future. .On disait de méme ezpugnasso pour expugnavero. Plaute emploie occepso pour occepero. Voy. acte II, scène 2, vers 41 de l'Amphitryon.
5. — Convortitur pour convortit. L'auteur se sert du passif au heu de l'actif, à la manière des Grecs. La véritable construction de ce pas-
sage est : nemo tamen convortit se in fugam.
6. — Quin statim rem gerat. Statim de pied ferme. La première syllabe de ce mot est longue. Elle est brève dans statim, adverbe de temps. |
7. — Modo sis pour modo si vis. Les anciens , quand ils employaient limpératf, ajoutaient comme nous, par honnéteté, s'il vous plait.
" Modo si vis. Dans ce passage c'est une ironie.
8. — Oppido interi. Le mot oppido, qui signifie beaucoup , est emprunté, dit Festus, de la conversation des moissonneurs, qui, pour peindre l'abondance de leur récolte, disaient : qu'elle suffirait pour
nourrir toute une ville, quantum oppido satis esset.
9. — Pessumum est facinus. Personne n'ignore que les Romains donnaient à ce dernier mot plusieurs acceptions. Le poéte semble
l'employer ici métaphoriquement.
ro. — Me interpolabit. Expression métaphorique empruntée de l'art
du foulon. /nterpolare , refouler, repasser.
11. — Verum longe hinc abfuit. Selon quelques commentateurs, Sosie voulait dire que l'odeur de la sueur dont il était couvert par suite de la fatigue , devait éloigner Mercure, ou déceler la présence de lui, Sosie. Il me parait que cette interprétation est un peu forcée.
— Superstitiosus est. Ce mot signifie d'abord un homme qui craint les: dieux, mais par une crainte superstitieuse; il signifie aussi un homme agité, tels que ‘le sont les devins et les magiciens, lorsqu'ils prédisent l'avenir.
12. — Lassus sum hercle e navi, etc. Ces deux vers peignent trèsbien les effets du mal de mer. |
13. — Ain vero? Je crois qu'on aurait pu traduire ainsi ce passage : tu tiens toujours le méme langage ; et la réponse de Sosie aio enim vero, par ces mots : vraiment oui je tiens toujours le méme langage. ll y a sans doute un jeu de mots qui consiste dans le mot vero, auquel le poéte a pu donner deux différentes acceptions.
14. — Mentiris nunc jam. Ce dernier mot est en italique, parce ' quil est de deux syllabes. |
15. — Comprimam linguam. Les commentateurs supposent dans ce passage une obscénité; mais je suis bien loin de partager leur opinion. On trouve cette locution usitée dans les auteurs les plus chastes; et ils y attachent le sens que j'ai donné dans ma traduction.
16. — Jta profecto. J'ai rendu cet adverbe par le mot assurement répété quatre fois comme le mot latin. Il y a un jeu de mots sur profecto qu'il est impossible de rendre, à moins qu'on ne se serve du mot francais partant, que je n'ai osé hasarder.