‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 6 sur 122 · XXX DISSERT ATION · texte numérisé non relu

XXX DISSERT ATION

de surpasser le modèle dont il avait fait choix parmi [es Latins. Dryden a également donné une imitation de l Amphitryon en anglais; divers poètes italiens ont aussi approprié cette comédje à leur théátre ; Pietro Piareta en a donné une assez bonne traduction, ainsi que Louis Dolce dans sa comédie del Marito.

II. L'Asinaire n est quela version d'une comédie grecque de Démophile , intitulée Ov2ye; et non pas O'veygos comme l'ont prétendu certains critiques.

. III. L'A4vare ou lY Aululaire, ainsi appelé du latin, aula, ou olla, marmite dans laquelle le vieux Euclion a caché son trésor. La fin de cette comédie est. un supplément par Antoine Urcœus Codrus , savant professeur à Bologne , qui florissait dans le XV* siècle. On trouve encore un autre supplément moins étendu dans l'édition donnée par Gryphius et dans celle publiée par Philippe Paré. Martin Dorpius, Joachim Camérarius, Etienne Riccius, Maurice Sydélius et autres ont aussi fait des changements ou des suppléments à I /Zululaire. Il ne faut pas confondre cette pièce avec celle intitulée Querolus, sive Aulularia Plauti, dont l'auteur est inconnu. Celle-ci fut publiée pour la première fois par le savant avocat Pierre Daniel d'Orléans et imprimée à Paris, par Robert Estienne , en 1564, in- 12. Cette imitation doit étre fort ancienne, car Vital de Blois, poéte latin du xir^ siécle la mit en vers élégiaques. Ces deux comédies enrichies des notes de P. Daniel, de Rittershusius, et de J. Gruter, parurent. à Heidelberg en 1595, in- 12, chez Jerôme

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Commelin. L'4ulularía de Plaute fut ensuite traduite en vers allemands par Joachim Greff. Mais rien ng saurait approcher de l'imitation que nous a laissée Molière. On la regardera toujours comme un chefd'œuvre.

IV. Les Captifs étaient la pièce que l'auteur estimait davantage..Samuel Werenfels disait que cette comédie lui plaisait infiniment, que les gens du goût le plus fin et le plus délicat en avaient la même idée; enfin qu'ils regardaient cette pièce comme la plus élégante de toutes celles qui nous sont restées. Le commentateur Coste en a donné une traduction assez bonne, à laquelle est joint le texte enrichi d'un grand nombre de notes. Elle a été imprimée à Paris, en 1666, et à Amsterdam en 1716. |

Rotrou, Du Ryer, Roy, et autres ont imité les Captifs de Plaute. La pièce de l'auteur de Zenceslas se fait encore lire avec plaisir. Celle de Roy eut un grand succés en 1714. On assure que la Fontaine y avait travaillé; quant à l'ouvrage de Du Ryer, on n'en dit pas autant de bien. ol

V. Le Curculion tire son nom du parasite qui fait le premier rôle, et qui est le héros de la pièce. Les passages les plus saillans ont été imités par Régnard, et par d'autres comiques francais et anglais.

VI. Casina ou le Sort. C'est la traduction d'une pièce grecque de Diphile ou Démophile , qui l'avait nommée XArpausyos , c'est-à-dire, Jes gens quà tirent au sort. Elle

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eut beaucoup de succés chez les anciens, et fut vivement ápplaudie la première fois qu'on la joua. La Chtie de Machiavel passe, au jugement de Balzac ( Lettres chosies, p. 673), pour une bonne imitation de la Casina de Plaute. Les personnes qui voudront connaitre les détails de la pièce de Machiavel en trouveront une analyse dans le sixième volume de l'excellente Histoire littéraire d'Italie par M. Ginguené.

VII. La Citellaire n'est pas sans beautés et sans intérét; eette comédie est, à mon avis, la plus faible des piéces composées parle comique latin. Les caractéres de Démiphon et d'Alcésimarque sont bien tracés. Selon Acidalius, elle tire son nom du latin cistella, corbeille. C'est, en effet, sur une corbeille perdue et retrouvée que roule en partie l'intrigue.

VIII. L'Epidicus, ainsi nommée d'un valet fourbe ; adtoit* fripon, chargé d'un des rôles principaux. Plaute regardait lui-même cette comédie comme la meilleure de celles qu'il avait faites, et plusieurs critiques la considèrent comme le chef-d'œuvre de l'auteur latin. Périphanés est un vieillard riche, noble et trés-crédule, dupe des fourberies d'Epidicus; le róle de l'usurier est d'un excellent comique.

IX. Chrysale ou les Bacchides, pièce très-propre à donner une idée des courtisanes chez les Romains. Elle porte le nom de deux sœurs nées dans le temps qu'on célébrait les fétes de Bacchus. L'auteur l'a imitée du grec de Philémon. Le prologue et le commencement de la:

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première scène furent retrouvés dans la Sicile par Constantin Lascaris de Messine. Quelques critiques les attribuent à Pétrarque. |

X. La Mostellaire ou les Spectres. Cette piéce fort estimée est digne de l'être. Un valet fin et rusé persuade à son maître Theuropidés qu'il se trouve des revenants dans sa maison, d'où il s'est absenté depuis trois ans, et qu'elle est devenue inhabitable. Le Retour imprévu de Régnard doit la plus grande partie de son mérite à l'auteur latin. On en retrouve encore une imitation dans le Tambour nocturne par Destouches et dans le Spectre battant la caisse par Addisson. | |

XI. Les Menechmes. Plaute doit à Ménandre l'idée et le fond de son ingénieuse comédie dont le sujet est si connu. Cette piéce a été appropriée à la scéne francaise pir Régnard, et cette imitation est, sous bien des rap ports, supérieure à celle du théátre latin. Cependant la piéce francaise ne saurait placer son auteur au-dessus de Plaute pour l'imagination et pour la fécondité, Rotrou a imité les Ménechmes; on lui reproche de l'avoir fait trop servilement. Il en est de méme de Shakespeare dans sa comédie des Erreurs. M. Le Mercier a également imité l'auteur latin dans sa pièce de Plaute ou la comédie latine. Les Italiens et les Espagnols possèdent plusieurs traductions en prose et en vers des Me-. nechmes (1).

( 1) Il est remarquable, dit M. Scholl, (Hist. abrég. de la littér. rom.

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XII. Le Soldat fanfaron. Le personnage de Pyrgopolinices donne une idée exacte de la fausse bravoure réunie à la fatuité. Ce capitaine est un fort bel homme qui prétend n'avoir jamais trouvé de cruelles, et que les conquétes anioureuses , comme les plus vaillans exploits sorit uri jeu pour lui. Cette pièce est une riouvelle preuve de la fécondité de Plaute , et de l'étude approfondie qu'il

avait faite du cœur humain.

On en publia, en 1639, une imitation, ayant pour titré le Capitán , dédiée à M. d'Encarville, conseiller du roi. Suivant l'abbé Goujet, on ignore qui füt l'auteur de cette pièce française. Dans ses Recherches sur les Théâtres, de Beauchamp dit qu'on l'attribue à un comédien. Le Brave, par Jean -Antoine de Bayf, fut représenté à l'liótel de Guise en 1567, et cette pièce, fort rapprochée de l'original, avait été composée par ordre de Charles IX et de Catherine de Médicis. Le soldat

Jfanfaron a été mis en vers danois parle poète Holberg, sous le titre de Bramiarbas, mot adopté par les Allemands pour désigner un soldat glorieux et poltron.

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