ACTE V, SCENEL
x. — Jta mili videntur omnia, mare, etc. Bromia, étonnée de tout ce qu'elle vient de voir et d'entendre, frappée des prodiges opérés sous ses yeux, s'exprime dans des termes qui peignent bien le trouble et l'a gitation de son áme.
2. — Strepitus, crepitus , sonitus, etc. Plaute semble avoir imité dans ce passage l'Alemene d'Euripide. On admirera sans doute la vivacité, l'énergie méme du récit de Bromia.
3. — Di me servant. Madame Dacier et Gueudeville ont donné deux explications de ce passage. L'une croit qu'il faut lire di me servent, parce que, dans le soupcon qu'Ainphitryon avait concu à l'égard d'Alcméne, ce n'était pas une nouvelle fort agréable pour lui, d'apprendre qu'elle était devenue mére de deux juméaux. Gueudeville rejette la restitution proposée par M. Dacier; et voici la raison qu'il en donne. Amphitryon, dit-il, ayant laissé sa femme enceinte quand il partit pour l'armée, ne pouvait-il pas, à la nouvelle de Bromia, et sans peuser au sujet de son chagrin, se livrer à la joie d’être père de deux enfants, et en remercier les dieux? Pour moi, je pense que le respect qu'inspirait aux anciens le nom seul de Jupiter, ét celui qu'ils âvaient pour les dieux, sûflisait pour porter Amphitryon à leur rendre grâces, méme après le soupcon que le général thébain venait d'ex-
primer à l'égard d’Alcmène, et que Bromia combat victorieusement es lui disant :
At ego faciam, etc.
4. — Ego cunas recessim rursum vorsum trahere et ducere. Ce passage est de la plus grande beauté. Bromia , faisant continuellement face aux serpents, tenait le berceau par derrière, et le poussait de cóté et d'autre, tantôt en reculant et tantôt en avançant; c'est ce que signi: fient ces mots rursum vorsum, lorsque l'on avance et que l'on recule
toujours sur la méme ligne.
5. — iterum altera apprehendit manu. Ce passage nous rappelle les vers d'Ovide sur le méme sujet :
« Parvus erat manibusque suis Tyrinthius anguis Pressit, et in cunis jam Jove dignus erat. »
6. — Ut Jovis supremi multis hostiis pacem expetam. Ce ne serait pas, je crois, entrer dans l'idée du poéte, que de supposer qu'Amphitryon soit si respectueux envers son auguste rival, par excés de complaisance ; c'est que, frappé de ce qu'il vient d'apprendre de la bouche de Bromia, et du prodige qu'elle vient de lui dépeindre, il reconnait - Ja toute-puissance de Jupiter, et craint de l'offenser en jugeant trop précipitamment de ses desseins; il prend méme le parti de lui inspirer des dispositions pacifiques, et d'implorer son assistance en lui offrant des sacrifices. Cependant, on pourrait supposer une idée moins sérieuse "de la part de Plaute, si l'on s'arréte à cette réflexion d'Amphitryon :
« Pol me haud poenitet, Scilicet boni dimidium mihi dividere cum Jove. » "SCENE IL.
1. — Quae futura et quae facta, eloquar. Jupiter dévoile tout le mystére à Amphitryon avec une sorte de dignité, en rendant justice à la vertu d'Alcméne, qui n'a cédé qu'à sa toute-puissance, et à la parfaite ressemblance de J upiter avec Amphitryon.
SUR
L'AMPHITRYON