‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 61 sur 122 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

x. — De porter les nouvelles et de présider au commerce. Mercure était l'interpréte et le messager des dieux, et en particulier de Jupiter son

père. Les poétes grecs lui donnaient le surnom de diésTepes. Horace a dit, ode X du liv. I, vers 5 :

« Te canam magni Jovis et deorum Nuntium. » '

Le nom de Mercure, chez les Latins, annonce qu'il présidait au commerce ; et lui-méme rappelle dans ce prologue l'étendue de ses attributions sous ce dernier rapport. A Rome, les marchands célébraient tous les ans, le 15 de mai (aux ides), une fête en son honneur, dans un temple qu’on lui avait élevé près du grand Cirque. Ils lui offraient en sacrifice une truie pleine, un veau et des langues d'animaux. Les assistants, après s’être aspergés d’eau avec une branche de laurier, suppliaient le dieu de leur pardonner les fourberies, les mensonges et les faux serments que l'amour du gain leur faisait prodiguer. Les marchands, mercatores, et les trafiquants, negotiatores formaient deux classes bien dis--

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tinctès. Les premiers étaient habituellement domiciliés à Rome; les seconds demeuraient dans les provinces, où ils tenaient des assemblées, et ne venaient dans la capitale que pour le dénombrement. On institua, dit Tite-Live, liv. IL, chap. 27, l'an 259, sous le consulat de Claudius et de Servilius, un collége des marchands. Les uns et les autres étaient placés sous la protection de Mercure. On découvrit à Metz,

en 1599, une pierre portant cette inscription :

MERCURIO. NEGOTIATORI.

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