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est fort plaisant dans la bouche d'un simple esclave. Mercure, qui l'é coute, l'interrompt de temps en temps par des réflexjons un peu trop prolongées. Le récit du Sosie latin offre des beautés et des détails très. intéressants. Le style en est oratoire et harmonieux. Moliére a mis dans cet endroit plus de feu, plus de cómique , en un mot, plus de naturel, Qui peut égaler l'originalité de Sosie s'adressant à sa lanterne? Molière ne fait d'ailleurs arriver Mercure que lorsque Sosie a répété tout ce qu'il doit dire à Alcmène.
8. — Sans engager un combat, etc. Les Grecs et les Romains envoyaient des ambassadeurs à leurs ennemis, pour leur demander réparation. des injures qu'ils prétendaient en avoir recu. Rosin. 4fntig
rom.
9. — Il allait pousser le siége de leur ville avec la plus grande vigueur. La déclaration de guerre était toujours précédée d'entrevues, de propositions réciproques , comme il est facile de s'en convaincre par la lec-
ture des poétes et des historiens de l'antiquité.
10. — Avec des armes éclatantes. I] paraîtrait par ce passage que, de tout temps, on a pris soin que l'armure du soldat füt entretenue avec propreté. Personne n'ignore l'avantage que les anciens retiraient de l'é-
clat de leurs armes opposées aux rayons du soleil.
I1. — Conviennent que ceux qui seraient vaincus ,-etc. Une entrevue semblable eut lieu entre Hector et Agamemnon, au livre In de l'Iliade, avant que Páris et Ménélas engagenssent un combat singulier pour obtenir Hélène.
« Hélène (est-il dit) et tous les trésors qu'elle posséde seront le prix
du vainqueur.» (Iliad. L', vers 71.)
12. —— Eux, leurs villes, leurs champs, leurs foyers, etc. Ce passage et le vers 102 expriment la manière dont on se rendait au pouvoir du vainqueur. Tite-Live en fournit aussi un exemple dans son premier livre. « Nelivrez-vous pas en ma puissance, vous, le peuple collatin: votre ville, vos champs, vos eaux, vos limites, vos temples, vos ustensiles, enfin toutes les choses divines et humaines que vous pos*
sédez ? »
13. — Les voûtes du ciel répondent en mugissant aux cris des soldats. On peut aisément se rappeler les belles descriptions que fait Homère de deux armées en présence. Ce poéte et tous les historiens parlent des cris que jetaient les combattants. Cet usage remonte à la plus haute antiquité. Voy. Lyd. De Re militari , IV, 3. Lips. Annal. ad Milit. p. 389. Pitisc. aux mots Barritus et Poean.
14. — On les charge avec impétuosité. Consultez, sur la manière dont en chargeait l'ennemi, Thysius, Rom. illustr. Thesaur. Antig. rom. Grae-
eii, Tome X ; Scriver, in Vegetium.
15. — Ils combattent tous de pied ferme et sans rompre leurs rangs, .
Voyez S. Pitiscus au mot s/antes; Tit. Liv., lib. IX, c. 19.
16. — Les Téléboëns qui se défendaient avec tant de bravoure, et les foule «uz pieds. Toute la difficulté de ce passage roule sur la justice de la cause qu'ils défendaient, et sur le droit qu'ils avaient de ne point accéder aux propositions faites par les envoyés d'Amphitryon. — Jure injustas. On ne saurait exprimer ces mots d'une manière satisfaisante. Boxhornius pense que jure se rapporte à proterunt, et non pas à injustas. Les autres commentateurs ne partagent point cette opinion. Je crois avoir levé la difficulté par la manière dont j'ai traduit ce passage. Voyez, sur ce qui concerne le droit de la guerre, Grotius, de Jur. Bell. et Pac.
17. — Amphitryon, de sa propre muin, coupa la téte au roi Pterélas, Plaute a commis un anachronisme, ou, comme poëte, il a pris la liberté de supposer l'existence d'un autre Ptérélas contemporain d'Amphitryon, et, comme l'autre, fils de Taphius; car Ptérélas, fils de Taphius et père d’une fille nommée Cométo, passait pour être petit - fils d'Hercule.
18. — Les mains jointes et voilées, etc. Consultez sur ce passage les commentaires précieux de Frédéric Gronovius, édition d'Amsterdam
en 1740.
x9. — La coupe dont le roi Ptérélas, etc. Voy. act. L scene 3, note 6.
ao. — C'est que Vesper s'est endormi, etc. — Nocturnus, dieu qui
234 NOTES ARCHÉOLOGIQUES. présidait aux ténèbres. Sosie dit que /Voctu/nus ou, ce qui signifie la
méme chose, Vesper, s'est endormi après s'étre enivré, parce que ce dieu ne remuait point, et qu'il ne se souvenait pas de se retirer , en faisant aussi coucher les autres astres. — Septemtriones. Sept étoiles
de la grande Ourse. Arati Plioenomen.
21. — Suspendu sous les aisselles. On tenait dans cette pénible situation les estlaves que. l’on fouettait. Les Grecs et les Romains faisaient souffrir aux” esclaves des supplices affreux. Plaute nous en donne une peinture sans doute bien ménagée , dans la plupart de ses pièces, et principalement dans les Captifs. Pignor. De Servis.
22. — A moins qu'il n'ait pris ün peu plus que sa part, etc. Le mot invitavit exprime ici boire sans mesure, s'erriter à boire. Ce passage est entièrement imité par Molière. Le poéte latin semble accuser*Phébus de s'être écarté des lois du festin, dont les santés étaient réglées, par celui que le sort avait créé roi de la table. C. Laurent. De Canviv. vet. c. 3. Casal, sur le méme sujet. c. 1. Buleng. De Cons. # P.
23. — La máchoire me démange. Les anciens, non moins superstitieux que bien des personnes parmi les modernes , regardaient comme, autant de présages les mouvements du corps. L’antiquité, qui nou offre à chaque pas des modèles sublimes , nous aurait donc également transmis la plupart des ridicules de l'esprit humain. — ' |
24. — Il y a jong-temps que vous ne nourrissez plus votre maître. Voir limitation de ce passage dans Molière. ot
25. — Après les avoir laissés entièrement nus. Plaute emploie le mot collocastis. Ce mt est un terme de fpnérailles ; ; collocare mortuum , c'est / &- dire, étendre le mort à la porte, l'exposer aux regards du public, ^ selon la coutume des Grecs et des Romains, coutume qui s *est conservée parmi nous. Homére, en parlant de Patrocle, a dit :
« Il est étendu les pieds vers la porte. »
( Mad. Dacier. ) 26. — Quintus. Sosie joue sur ce mot , que les Romains donnaient
pour surnom, et qui est aussi un nom de nombre.
27. — Si je le caressais, etc. Le poëte fait allusion à la manière
NOTES ARCHÉOLOGIQUES. . a5
dont Mercure endormit Argus, ou peut-être à la baguette dont ce dieu touchait légèrement ceux qu'il voulait endormir. Tractim tangere n'est autre chose que leniter tractare, frotter doucement, comme pour faire dormir. Voyez Martial, Epigr. 82, du L.IIL
28. — Ce maudit désosseur. 1l paraît par ce passage, et par plusieurs autres de notre poéte, que la lamproie était un mets recherché par les Romains. Voyez Macrob. Saturnal. II, c. 11. Plin. IX, 55. Bruyer, De Re cibar. XIX, 17.
29. — Il n'osera sans doute me frapper. Voyez ce que j'ai dit dans mes notes sur la scène 1 ‘du premier acte, en parlant des jeunes romains, et de la manière dont ils attaquaientles passants. Avec de tels
gens Sasie avait beau faire fe brave.
30. — Où vas-tu, toi qui portes Vulcain renfermé. Voyez Gireld. Synt. deor. XIII, p. 414 G.
30. 55 — Je suis ta propriété. Terme de dtoit , parce qu'en droit, une longue possession , alors comme de nos jours, servait quelquefois de titre.
31. — Nmpudent, tes rusg sont mal cousues. L'indication de cette | note doit étre regardée comme nulle; c'est par erreur qu'elle n'a point été supprimée avant le tirage. Je ferai seulement observer que les Grecs, en parlant de fourberies maladroites, se servaient du mot páa vw? dans le même sens que les Latins employaient consuere , et nous, le
verbe coudre. .
31.9 — Le Soleil levant avec san char. Les cachets furent d’abord de métal seul; on y employa ensuite les pierres précieuses. /
32. — Je l'ai bu aussi pur, etc. Ce vers est du bon comique, il exprime bien le scrupule que se serait fait Sosie de ne pas boire son vin pur. Les mots matre, eduzi , sont pleins de finesse. Il n'était pas permis aux esclaves de boire du vin.
33. — Que tu n'en recevras jamais après ta mort. Sosie vient de dire que Mercure a pris sa ressemblance; et ensuite, par ellusion aux images et aux portraits que, les nobles seuls avaient le droit de faire porter dans les pompes funèbres, il s'écrie qu'on lui accorde plus d'honneurs pendant $a vie , qu'il n'en doit recevoir aprés sa mort, '
34. — Comme je me ferai raser la téte. Les esclaves que lon mettait en liberté se faisaient raser la tête , et recevaient un certain bonnet: pileuf, qui était le signe de leur affranchissement. Cette cérémonie avait lieu dans le temple de la déesse Féronia ou Féronie. -