‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 66 sur 122 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

1. — Sur nos affaires domestiques. Un général ne déroge pas à st dignité ,en se montrant bon chef de famille. Je crois méme qu'il doit avoir pour ses soldats, ces attentions délicates , cette sollicitude que l'on est obligé d'avoir pour ses enfants. Les Romains avaient sans doute la méme opinion ; car Plaute était assez au fait des convenances , pour n'avoir pas mis dans la bouche d'Amphitryon un

langage qui l'aurait renda ridicule. D'ailleurs, appliquons ce passage -

à | Alcmène. Les femmes de l’antiquiié , fussent - elles de la plus haute naissance , prenaient elles-mémes.soin de leur maison. L'histoire sacrée et l’histoire profane nous, en fournissent des exemples. Ce soin leut était recommandé par des cérémonies ewpregses que l'on faisait à leurs nóces.

2. — Vous prendrex soin du fruit de notre amour. Les Romains avaient coutume de mettre à terre l'enfant qui venait de naître. Si le père voulait en prendre soin , il le relevait lui-même, et cela s'appelait

proprement tollere; sans quoi on allait d'exposer. : — E

3. — Quel fourbe rusé que mon pére. Il y a dans le latin sycophanta du grec euxePpasrns. Les Athéniens appelaient proprement de ce nom les délateurs qui allaient accuser ceux qui avajent transporté , contre l'ordonnance , des figues du territoire ‘d'Athènes ; et comme ce prétexte donna lieu à beaucoup d'impostures et de calomnies » Sycophantes fut employé pour imposteur. Les Latins prenaient ce mot ; €t les inots sycophantari , sycophantia dans le sens de trompeur. adroit , de trompeur adroit et perfide.

4. — Vous aimeriez mieux étre à la plate d'Anphitryon qu'à calle de Jupiter. Plusieurs interprètes ont pensé que Mercure. voulait parlez seulement d’Alcmène ; pour moi, je ne doute point que le mot i{/4 ne soit applicable à Junon, qui déjà n'avait que trop de motifs de se plaindre de son volage époux. - ,

5. — Mais recevez cette coupe. L'historiex Charon de Lampsaque, qui vivait dans la 95° -olympiade ,. c'est-à-dire, 478. ans avant l'ère chrétienne, a écrit que l'on voyaij enoere de son temps, à l'académie, cette coupe qui fut donnée à Alcmène ;: : qu'elle était longue, un peu évidée par le milieu, et qu'elle avait les-bords un peu renversés. L'on en fait encore aujourd'hui de cette manière, ^. |

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