PASSAGES INTERCALÉS
I. — A moins quà les dieux ne me fássent subir, etc. Le pojte fait allusion aux fables oà des hommes , par la violence des passions dont ils sont agités, telles , que la colére, la douleur ou l'amour, perdent la figure humaine et sont métamorphosés par les dieux. Je crois aussi
qu'Amphitryon pouvait bien secrètement redouter quelque métamor- "^ phose.
2. — Digne victime de Saturne. Les Carthaginois avaient la barbare coutume d'immoler leurs enfants déja grands à Saturne , lorsqu'ils le croyaient irrité contre eux. Mais enfin, cédant à la force de la n2 ture, ils dérobaient des enfants qu'ils élevaient à la place des leurs, pour les abandonner ensuite au couteau de leur exécrable religion. Amphitryon menace donc le faux Sosie, comme s'il ne l'avait elevé chez lui que pour l'immoler à Saturne. C'est un trait de satire contre les Carthaginois, avec qui les Romains étaient en guerre, lorsqu'on jouait Imphitryon.
3. — Ombre phantastique, ombre de spectre. Mercure s'exprime ainsi pour marquer plus de mépris à Arophitryon déjà vieux, qui apparais. sait de nuit comme un fantôme. On croyait aux apparitions , et la re ligion méme consacrait cette croyance.
NOTES ARCHÉOLÓGIQUES. 135
4. — Le vin te fait tourner le téte. — Bacchanal te exereuisse oportuit senez. Mot à mot que tu as fait bacchanal. — Bacchanal était le lieu où demeuraient ordinairement les bacchantes, c'est-à-dire, des femmes agitées par les fureurs que le dieu du vin leur inspirait. Car les Grecs et les Romains croyaient que Bacchus, Cérès et la Lune rendaient les gens furieux. On nommait ceux qui étaient agités par Bacchus, Bacchi, ceux qui l’étaient par Cérès, cereriti, cerriti, ceriti, et ceux qui l'éaient par la Lune lunatici, d’où notre mot /unatique.
5. — Je crois qu'il a achevé le sacrifice, etc. C'est-à-dire qu'il était presqu'à la fin; car les sacrifices se terminaient par un grand repas , oft l'on mangeait les' restes après que l’on avait fait l'offrande aux dieux. Voyez ma remarque sur le vers 13 de la scène 3 de l'acte III.