SCENE IIL
1.— Changés autrefois. La Grèce, et l'Arcadie, qui n’en était pas la contrée la moins fameuse, semblent avoir été choisies par les poëtes, comme un grand théâtre sur lequel se sont opérées la plupart des métamorphoses dont il est parlé dans leurs écrits. Il se trouve dans Pline, liv. VIII, chap. 22, un passage applicable à celui de Plaute, et dans lequel il rapporte la métamorphose d'un oertain Antéus.
2. — Pourquoi m'arréter à des aventures étrangères ; ? Le poëte, on l'auteur du supplément, semble n’avoir pas fait assez attention, dit Jacques de POEuvre, qu'Amphitryon n’était point de Thèbes, mais qu'il était Arcadien d'origine. Ai-je bien saisi le sens d’aliena, qui peut s'entendre des personnes étrangères à la famille d'Amphitryon , et non pas des étrangers en général?
3. — Les annales de Thèbes, etc. Ce vers semble contraire à la remarque précédente. Les merveilles qu’il rappelle se sont opérées sur ceux de la famille d'Amphitryon, et particulièrement sur Cadmus et Hermione , qui étaient nés à Thèbes.
4. — Un horrible serpent que Mars avait engendré. Le dragon, fils de Mars ou engendré par ce dieu, et qui fut tué par Cadmus. Martigenam
peut. signifier aussi qui engendre des guerriers. Voy. Ovid. Metam. liv. III, fab. 32.
9. — N'en eut pas plutôt semé les dents qu'il en naquit. Cadmug ayant, par le conseil de Minerve, semé les dents du dragon, il en sortit tout d'un coup des hommes armés qui se séparèrent en deux bandes, et qui se tuérent les uns et les autres; il n'en resta que cinq, de qui vinrent les Spartiates. Voy. Ovide, liv. III. Cadmus fut le fondateur de Thèbes, capitale de la Béotie, sur le fleuve Isménus. Ogygès, selon quelques auteurs , jeta les premiers fondements de cette ville. Voy. Apollodor. lib. II, c. 4.
6. — Fille de Vénus. Cadmus et Hermione «a à femme farent chan- ' gés en serpents dans l'Illyrie, comme le rapportent Ovide et Apollodore. Plaute dit que cette métamorphose eut lieu en Epire , et probablement l'Epire était anciennement comprise sous le nom général d'Illyrie. Ovid. Metam. lib. IV, fab. a1.
' 7. — Ainsi l'a ordonné le souverain Jupiter. Amphitryon reconnaît ici le pouvoir supréme de Jupiter, et l'empire immuable du destin auquel les dieux mêmes étaient soumis.
8. — Se promener comme un courtisan. Sosie compare son maitre à ceux qui assiégeaient les portes des grands, et qui, pour mieux marquer leur diligence et leur empressement , venaient bien avant le jour, et se promenaient devant le logis de leur patron.
"SCÈNE IV
I. —— Je te sacrifterai aux mánes, etc. Ce passage semble annoncer que les anciens sacrifiaient aux mânes des ennemis qui avaient été tués dans le combat.
3. — De mu bourse Dien garnie. Le poëte, pour égayer les spectateurs, fait allusion à quelque général plus curieux de conserver l'argent qu'il avait amassé , et de veiller à sa propre sûreté, qu'à celle de son armée: Aristophane fait la méme allusion à Périclès.
3. — Cinquante talents attiques. Chaque talent attique valait envirom 1800 francs.
4. — Combien de philippes? Pièces de monnaie en or, sur lesquelles était gravée la tête de Philippe, père d'Alexandre-le-Grand.
5. — Autant d'oboles. Petite monnaie dont la figure était longue, et presque pointue, qui valait à peu près un sou.
NOTES ARCH ÉOLOGIQUES. 135 6. — Des peuples de lAcarnanie et des Taphieris. Ce passage confirme
l'opinion de ceux qui ont écrit que les Taphiens étaient maitres de tout le continent qui est opposé à leurs îles. Consultez le livreiX de la Géographie de Strabon.
7. — J'ai confié le gouvernement à Céphale, fils du grand Dionée. Strabon écrit la méme chose en plus d'un endroit, et ajoute que Céphale était alors exilé d'Athénes. Ce méme Céphale donna son nom à une Île voisine de Taphiusa, appelée Céphalonie , que plusieurs interprêtes ont prise mal à propos pour l’île des Taphiens. Ils ne devaient point perdre de vue la remarque de Strabon et le passage d'Homére qui établit une différence entre les Acarnaniens et les Taphiens.