‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 81 sur 122 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ARGYRIPPE.

PeuT-ox agir de la sorte? Me chasser de votre maison.... c'est bien mal payer mes services. Vous maltraitez celui qui vous fait du bien, et vous étes complaisante envers celui qui vous maltraite. Mais vous vous en repentirez ; car de ce pas, je cours chez les triumvirs capitaux (1) pour vous faire citer devant eux, et pour vous intenter à vous et à votre fille une action criminelle. Vous étes la perte et la ruine des jeunes gens. La mer est moins dangereuse, moins avide que vous , ses flots sont moins redoutables; car, en bravant leur fureur, je me suis enrichi ; avec vous, j'ai perdu mes biens et ma réputation. Je reconnais maintenant combien j'ai mal placé mes bienfaits et mes dons, vous les comptez pour rien ; mais, à l'avenir, je prétends vous faire autantde mal que je le pourrai, autant que vous le méritez. Je vous réduirai à l'affreuse indigence dont vous étiez sortie. Je jure de vous apprendre aujourd'hui ce que vous étes et ce que vous étiez

Ego edepol te faciam , ut, quae sis nunc, et quae fueris, scias.

. Quae, priusquam istam adii atque amans ego animum meum isti dedi, |

Sordido vitam oblectabas pane', in pannis, inopia.

Atque ea si erant, magnas habebas omnibus dis gratias.

Eadem nunc, quom est melius, me, cujus opera est, ignoras, mala!

Reddam ego te ex fera fame mansuetem : me specta modo!

Nam isti quod subcenseam ipsi, nihil est : nihil quidquam meret.

Tuo facit jussu,tuo imperio paret: mater tu, eadem hera es.

Te ego ulciscar, te ego, ut digna es, perdam, atque ut de me meres.

At, scelesta, viden' ut ne id quidem me dignum esse existumat ,

Quem adeat, quem conloquatur, cuique irato subplicet.

Atque eccam inlecebra exit tandem;.opinor hic ante ostium

Meo modo loquar quae volam , quoniam intus non lici-

tum est mihi.

autrefois. Avant que mon cœur se füt donné à Philénie, un pain grossier vous servait de nourriture; vous en faisiez vos délices; de chétifs haillons cachaient à peine votre misère, Ou si vous pouviez avoir une méchante robe, vous en rendiez gráces aux dieux. Ma générosité vous fit oublier la honte de votre premier état ; mais Je promets que la faim vous rendra plus traitable, et vous en rappellera bientôt le triste souvenir. Attendez-moi! je ne m'en prends qu'à vous et j'aurais bien tort de me fácher contre votre fille. Elle ne fait qu'obéir à vos ordres; vous êtes en méme-temps sa mère et sa maitresse. C'est de vous seule dont je me vengerai ; vous seule éprouverez ma colére et mon juste ressentiment. Oui je te perdrai ! Mais voyez donc son insolence ; la bonne pièce ! elle ne daigne pas me répondre, ni m'adoucir par des excuses. La voilà pourtant, si je ne me trompe, cette indigne corruptrice! Je pourrai donc lui dire librement, devant sa porte, tout ce qu'il ne m'était pas permis de dire, quand j'étais encore chez elle.

SCENA III

CLEAERETA, ARGYRIPPUS.

- CLEAERET A.

UNUMQUODQUE istorum verbum numis philippeis aureis Non potest auferre hinc a me, si quis emptor venerit. Nec recte quae tu in nos dicis, aurum atque argentum merum 'st: | Fixus hic apud nos est animus tuus clavo Cupidinis . Remigio veloque quantum poteris, festina et fuge. Quam magis te in altum capessis, tam aestus te in portum refert.

ARGYRIPPUS.

Ego pol istum portitorem privabo portorio.

Ego te dehinc, ut merita es de me et mea re, tractare exsequar , Quom tu me, ut meritus sum, non tractas, quae ejicis domo.

CLEAERETA.

Magis istuc percipimus lingua dici, quam factis fore. ARGYRIP PU S.

Solus solitudine ego ted atque ab egestate abstulr : Solus si ductem , referre gratiam numquam potes,

‘ SCÈNE III

GLÉÉRETE, ARGYRIPPE.

CLÉÉRETE.

JE ne voudrais pas donner pour autant de philippes (1) , toutes les belles paroles que je viens’ d'entendre, quand il se présenterait un acheteur. Ássurément, jeune homme, ce que vous nous dites là est pour nous tout or et tout argent. Votre cœur est ancré chez nous par le pouvoir invincible de l'amour. Croyez-moi : il est temps de fuir à la rame ou à pleines voiles. Plus vous gagnerez la haute mer, plus le flot vous reportera rapidement dans le port.

| ARGYRIPPE.

Ma foi, je m'y prendrai si bien que je n'aurai du moins

rien à payer pour le trajet. Je continuerai à vous aider de

mon bien, autant que vous vous en étes rendue digne; puisque

vous ne me traitez pas comme je le mérite, en me chassant ainsi de chez vous.

CLÉÉRETE. :

Nous savons à n'en pas douter que vous dites beaucoup plus que vous ne faites.

ARGYRIPPE.

Seul, je vous ai retiré de la plus obscure indigence ; vous ne pouvez jamais vous montrér reconnaissante, qu’en ne recevant chez vous que moi seul.

CLEAERETA.

Solus ductato, si semper solus, quae poscam, dabis. Sempertibi promissum habeto hac lege, dum superes' datis.

ARGYRIPPUS.

Qui modus dandi! nam numquam tu quidem expleri potes. Modo quod adcepisti ; haud multo post aliquid, quod pos- Cas, paras. | , CLEAERETA.

Quid modi 'st? ductando, amando, numquamne expleri potes ? |

Modo remisisti, continuo jam ut remittam ad te rogas.

ARGYRIPPUS.

Dedi equidem quod mecum egisti.

CLEAERETA.

Et tibi ego misi mulierem.

Par pari datum hostimentu ‘st’, opera pro pecunia. AR GY RIPPUS.

Male agis mecum.

CLEAERET A.

Quid me adcusas, si facio officium meum?

Nam neque usquam fictum, neque pictum, neque scriptum in poematis , Ubilena bene agat cum quiquam amante, quae frugi esse volt.

ARG YRIPPUS.

Mihi quidem te parcere aequum est tandem, ut tibi durem diu.

L'ASINAIRE. ACT. I. SCEN. IIl. — 265

CLÉÉRETE.

Rien de plus juste, si vous voulez seul me donner ce que je demanderai. Vous posséderez seul celle qui vous est promise, si vous surpassez à vous seul vos rivaux en libéralité.

ARGYRIPPE.

Mais quelles en seront les bornes ? car, vous êtes insatiable. Vous avez à peine recu un présent, qu'aussitót vous songez à en exiger un autre.

CLÉÉRETE.

Quelles bornes, dites - vous , dois - je vous prescrire ? Votre amour, vos jouissances en connaissent-ils ? Vous me ren-

voyátes dernièrement Philénie, et vous ne cessez de me la redemander.

ARGYRIPPE.

Je vous ai donné ce dont nous étions convenus. CLÉÉRETE.

Et moi, je vous ai accordé votre belle. À bon chat bon rat! On vous sert pour votre argent.

ARGYRIPPE.

Vous agissez mal avec moi.

CLÉÉRETE.

De quoi m'accusez-vous, si je fais mon état? Vites- vous jamais dans aucun poëme, où dans aucune comédie, qu'il ne soit pas de l'intérét d'une femme de ma profession de tirer un bon parti des sottises d'un jeune amoureux.

ARGYRIPPE.

Mais ne vous importe-t-il pas de m'épargner, si vous voulez me conserver long-temps ?

CLEAERETA.

Non tu scis, quae amanti parcet, eadem sibi parcet parum. Quasi piscis, itidem est amator lenae : nequam est, nisi recens.

Is habet sucum, is suavitatem : eum quovis pacto condias; Vel patinarium vel assum : verses quo pacto lubet. Is dare volt, is se aliquid posci: nam ubi depleno promitur, Neque ille scit quid det , quid damni faciat : illi rei studet : Volt placere sese amicae, volt mihi, volt pedissequae, Volt famulis, volt etiam ancillis : et quoque catulo meo Subblanditur novus amator, se ut quom videat, gaudeat. Vera dico : ad suum quemque hominem quaestum esse, aequum est , callidum. |

ARGYRIPPUS.

Perdidici isthaec esse vera, damno cum magno meo.

CLEAERET A.

Si ecastor nunc habeas quod des, alia verba perhibeas : Nunc quia nihil habes, maledictis te eam ductare postulas.

ARGYRIPPUS.

Non meum est.

CLEAERETA.

Nec meum quidem edepol, ad te ut mittam gratus. Verum aetatis atque honoris gratia hoc fiet tui : Quia nobis lucro fuisti potius, quam decori tibi. Si mihi dantur duo talenta argenti numerata in manum ,

Hanc tibi noctem honoris causa gratiis dono dabo.

CLÉÉRETE.

Ne savez-vous pas que celle qui ménage son amant, se fait tort à elle-même. Un amoureux, aux yeux d’une femme comme moi, est semblable au poisson : la fraicheur en fait tout le mérite; sans cela, ni l'amoureux, ni le poisson ne valent rien. L'un est plein de suc et de saveur; mettez-le à telle sauce qu'il vous plaira, étuvé ou sur le gril ; tournez et retournez ainsi un amoureux nouveau venu. Un amant so plait à donner, il exige aussi qu'on lui demande. Tant qu'il tire de son coffre-fort à pleines mains, il ne sait ni ce qu'il donne, ni ce qu'il s'expose à perdre. Une seule idée l'occupe tout entier. Il s'efforce de plaire à celle qu'il aime, à moi, à la suivante, aux valets, aux femmes de chambre; il n'est pas jusqu'au petit chien qui ne ressente l'effet de sa libéralité, de ses caresses. Le petit animal se réjouit chaque fois qu'il voit entrer notre amoureux. N'est-il pas vrai? Le moins fin cherche son profit : rien de plus juste.

Je n’ai que trop, pour mon malheur, acquis la preuve de cette vérité.

CLÉÉRETE.

Certes, s’il vous restait encore quelque chose à donner, vous parleriez plus poliment ; vous n'avez plus rien, et vous m'outragez pour obtenir ma fille.

ARGYRIPPE.

Ce n'est pas là mon habitude.

CLÉÉRETE.

Par Pollux ! la mienne n'est point de vous accorder rien gratis. Mais votre âge , votre condition, méritent des égards. Vous avez d'ailleurs beaucoup plus fait pour nous que pour votre honneur. Comptez-moi donc dans cette main deux talents d'argent, et je suis assez généreuse pour vous céder, par pure considération, une nuit tout entière.

rd

ARGYRIPPUS.

Quid, si non est?

| | CLEAERETA.

Tibi non esse credam : illa alio ibit tamen.

^ ARGYRIPPUS.

Ubi illaec quae dedi ante?

CLEAERETA.

| /, ÁAbusa: nam si ea durarent mihi, Mulier mitteretur ad te : numquam quidquam poscerem. Diem, aquam, solem, lunam, noctem, haec argento non emo; Cetera quaeque volumus uti, Graeca mercamur fide. Quom a pistore panem petimus, vinum ex oenopolio, Si aes habent, dant mercem : eadem nos disciplina utimur. Semper oculatae nostrae sunt manus, credunt quod vident. Vetus est : Nihili cocio est^... scis cujus? non dico amplius. ARGYRIPPUS.

Aliam nunc mihi orationem despoliato praedicas : Longe aliam, inquam, praebes nunc atque olim , quum dabam :

Aliam atque olim, quum inliciebas me ad te blande ac benedice :

Tum mihi aedes quoque adridebant , quum ad te veniebam, tuae.

Me unice unum ex omnibus te, atque illam amare , aiebas mihi.

Ubi quid dederam , quasi columbae pulli in ore ambae meo

Usque eratis : meo de studio studia erant vostra omnia.

L'ASINAIRE. ACT. I. SCÉN. IIL 271

ARGYRIPPE.

Et si je ne les ai point ?

| CLÉÉRE TE.

Je vous en croirai sur parole ; mais alors Philénie ira avee un autre.

ARGYRIPPE.

Qu'est devenu l'argent que je vous ai déjà donné? CLÉÉRETE.

Il est dissipé : car s'il durait encore, vous auriez ma fille, et je n'exigerais pas une obole. Je ne me procure point à prix d'argent, le jour, l'eau, le soleil, la lune, ni la nuit, mais pour tout le reste, on s'en rhpporte à ma bonne foi comme à celle des Grecs (2). Le boulanger pour son pain, et le cabaretier pourson vin, ne donnent leurs marchandises, l'un son pain, l'autre son vin, qu'aprés avoir recu les espèces sonnantes. Nous faisons comme eux. Nos mains ont, pour ainsi dire, des yeux, et ne croient que ce qu'elles voient. Vous connaissez le vieux proverbe : Il faut se défier.... vous savez de qui ? Je n'en dis pas davantage.

. ARGYRIPPE.

Vous m'avez complétement dépouillé, et le langage que vous tenez maintenant est bien différent de celui que vous me teniez lorsque je vous prodiguais mes largesses. Vous me parliez alors avec ménagement, d'une manière gracieuse et séduisante. Toute votre maison semblait sourire à mon approche. Vous m'aimiez, disiez-vous, vous, et votre fille de préférence à tous les autres. Si vous aviez reçu quelque chose de moi, n'étiez-vous pas là comme deux petites colombes à me becqueter sans cesse. Vous n'aviez de goüts que les miens ; votre soin unique était de m'obéir, de me plaire, de faire tout ce que j'exigeais, et d'éviter scrupuleusement de

Usque adhaerebatis : quod ego jusseram, quod volueram, Faciebatis; quod nolebam ac vetueram, de industria Fugiebatis, neque conari id facere audebatis prius. Nunc neque quid velim, neque nolim, facitis magni, pes-

sumae.

CLEAERET A.

Non tu scis? hic noster quaestus aucupii simillimu ‘st. Auceps quando concinnavit aream , obfundit cibum. Aves adsuescunt. Necesse est facere sumptum, qui quae-

. rit lucrum. | Saepe edunt : semel si captae sunt, rem solvunt aucupi: Itidem hic apud nos : aedis nobis area est aiceps sum ego, Esca est meretrix, lectus illix est, amatores aves: Bene salutando consuescunt, compellabo blanditer, Osculando , oratione vinnula^, venustula.

Si papillam pertractavit, haud est ab re aucupis. Savium si sumsit, sumere eum licet sine retibus. Haeccine te esse oblitum, in ludo qui fuisti tamdiu?

ARGYRIPPUS.

Tua ista culpa est, quae discipulum semidoctum abs te amoves.

CLEAERETA.

Remeato audacter, mercedem si erjs nactus : nunc, abi! ARGYRIPPUS.

Mane, mane, audi : dic quid me aequum censes pro illa

tibi dare :

Annum hunc ne cum quiquam alio sit.

'——— pASINAIRE. ACT. L SCÈN. IIL s75 ^ me déplaire. Tout ce que j'avais défendu, vous n'auriez pas méme osé vous le permettre. Maintenant, peu vous importe ce que je veux, ou ce que je ne veux pas, méchante!

CLÈÉRETE.

Quoi! vous ne le savez donc point? Dans notre honnête profession , nous ressemblons assez bien à l'oiseleur. 1l fait d'abord choix du terrain, il y sème l'appát, et les oiseaux s'en approchent. Celui qui veut gagner doit faire au moins quelque dépense. Si les oiseaux dévorent l'appát trompeur, ils sont bientót pris, et l'oiseleur est payé de ses avances. Il en est de méme chez nous : notre maison est l'aire, et je suis l'oiseleur. La belle est l'appát séduisant, le lit est le filet, les amoureux sont les oiseaux, On les apprivoise en les saluant poliment, en les comblant de caresses, en leur prodiguant des douceurs que la vapeur du vin inspire, en leur tenant des discours engageants. Si l'oiseau repose un moment sur le sein de la belle, l'oiseleur se réjouit; s'il a pris un baiser, on n'a plus besoin de filet pour le retenir. Un homme d'expérience, tel que vous, a-t-il donc oublié toutes ces choses-là ?

ARGYRIPPE.

C'est votre faute aussi, de renvoyer un élève à demi-formé.

CLÉÉRETE. | Revenez hardiment à notre école, quand vous aurez de quoi payer nos leçons : mais, à présent, retirez-vous.

ARGYRIPPE.

Arrêtez! arrêtez! un' mot, de grâce; dites-moi : qu'exigez-vous raisonnablement pour que celle que j'aime ne soit pas à d'autre qu'à moi, pendant toute l'année ?

27h ASINARIA. ACT. I. SCEN. Ill.

CLEAERET A.

Tene? viginti minas.

Atque ea lege, si alius ad me prius adtulerit, tu vale.

| ARGYRIPPUS.

At ego : est etiam, priusquam abis, quod volo loqui.

CLEAERET A.

Dic quod lubet.

: ARGYRIPPUS —— ' Non omnino jam perii: est reliquum quo peream magis. Habeo, unde istuc tibi quod poscis dem : sed in leges meas Dabo, ut scire possis, perpetuum annum hunc mihi

uti serviat ;

Nec quemquam interea alium admittat prorsus, quam

me, ad se virum. \

CLEAERETA.

Quin si tu voles, domi servi qui sunt castrabo viros. Postremo ut voles nos esse, syngrapham facito adferas. Ut voles, ut tibi lubebit, nobis legem inponito : Modo tecum una argentum adferto , facile patiar cetera. Portitorum simillimae sunt januae lenoniae :

Si adfers , tum patent : si non est quod des, aedes non

patent. '

ARGYRIPPUS.

Interii , si non invenio ego illas viginti minas. Et profecto , nisi illud perdo argentum , pereundum est

mihi. -

CLÉÉRETE.

Avec vous ? Vingt mines : mais à condition que si un autre les apporte le premier, bonsoir....

| | ARGYRIPPE.

Écoutez-moi, je vous supplie, avant de me quitter. ' CLÉÉRETE. Allons : expliquez-vous. |

ARGYRIPPE.

Je ne suis pas entièrement ruiné, et il me reste encore assez pour me ruiner davantage. Je puis encore vous donner : quelque chose ; si toutefois vous me promettez que Philénie sera en mon pouvoir pendant un an, et qu'elle ne recevra aucun autre que moi durant cet intervalle.

CLÉÉRETE.

Bien entendu ; si vous l’exigez, je ferai de mes valets autant d'eunuques. Enfin, s'il faut que nous en soyons, faites apporter des tablettes, je signerai l'accord tel que vous le proposerez, et j'en passerai par tout ce qu'il vous plaira. Pourvu que vous apportiez avec vous la somme en question, je consentirai à tout. Les portes de nos maisons peuvent étre comparées à ces lieux oü l'on recoit les droits de péage. Si vous apportez, on vous ouvre ; n'avez-vous rien à donner, on vous ferme la porte au nez.

ARGYRIPPE,

Hélas ! je suis donc perdu, si je ne trouve pas ces vingt mines. Encore un sacrifice, sans quoi plus de ressource. Je cours de ce pas à la place; je vais engager le reste de ma fortune présente et à venir. Je supplierai, je réclamerai les

Nunc pergam ad forum, atque experiar opibus, omni copia : |

Subplicabo, exobsecrabo , ut quemque amicum videro :

Dignos, indignos adire , atque experiri certum est mihi.

Nam si mutuas non potero, certum est sumam foenore.

services de mes amis. Je vois bien qu'il me faudra éprouver les honnêtes gens et les fripons. S'il ne se rencontre point de préteur désintéressé, au moins trouverai -je quelque usurier de bonne volonté. |

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