‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 85 sur 122 · C. | LÉONIDA · texte numérisé non relu

C. | LÉONIDA

J'apporte, continue-til, à Sauréas vingt mines pour le prix des ânes qu'il a vendus à mon mattre ; mais, ajoute-t-il, ce Sauréas m'est inconnu, et] Je connais fort bien Déménète.

À peine eut-il fini...

| LIBAN

Eh bien ! quoi ? | | LÉONIDA. |

Patience, et tu seras instruit : tout à coup, je fais le joli cœur, l'homme d'importance; je m'annonce pour être l'esclave dotal. Ma foi, me répondit-il, je n'ai jamais vu Sauréas, je ne m'en fais pas d'idée; ne vous füchez pas. Si vous voulez, amenez- moi votre maître Déménète, que je reconnattrai bien; et, s'il y consent, je vous remettrai la somme dont je suis porteur. Je lui promets de courir le chercher ; aprés quoi, mon jeune homme est allé aux bains, d'oü il reviendra à l'instant. Dis-moi, maintenant, quel parti prendre? |

LIBANUS. | Hem istuc ago Quomodo argentum intervortam et adventorem et Sauream.

Jam hoc opus est exasciatum : nam si ille argentum prius Hospes huc adfert, continuo nos ambo exclusi sumus. Nam me hodie senex seduxit solum, seorsum ab aedibus :

Mihi tibique interminatu'st, nos futuros ulmeos, Ni hodie Argyrippo viginti essent argenti minae. Jussit vel nos atriensem , vel nos uxorem suam Defraudare : dixit sese operam promissam dare. Nune tu abi ad forum ad herum, et narra, haec ut nos acturi sumus :

Te ex Leéonida futurum esse: atriensem Sauream, Dum argentum adferat mercator pro asinis.

LEONIDA.

Faciam uti jubes.

LIBANUS. | Ego illum interea hic oblectabo, prius si forte advenerit. LEONIDA.

Quid ais?

LIBANUS.

Quid vis ?

LEONIDA.

Pugno malam si tibi percussero, Mox quum Sauream imitabor, caveto ne subcenseas.

LIBAN (se frappe.le front).

J'y songe sérieusement. ll s'agit de trouver les moyens d'escroquer cet argent et de duper le commissionnaire et Sauréas. L'ouvrage est déjà ébañché dans mon esprit; car si l'étranger apporte' ici l'argent avant que nous ne soyons préparés, voilà tous nos projets avortés (7). Le vieillard m'ayant appelé hors dela maison, m'a tiré àl'écart et nous a menacés toi et moi de mous faire expirer sous les verges, si nous ne procurons aujourd'hui vingt mines d'argent à son fils Argyrippe. Il nous a enjoint de tromper et l'esclave dotal et sa propre femme, et lui-méme ; il a pris l'engagement de nous aider de tout son pouvoir. Va donc à la place trouver notre maitre, fais-lui part de notre projet. Dis-lui que Léonida de-

viendra Sauréas, lorsque le marchand apportera le prix des ânes.

LÉONIDA.

Je suivrai tes ordres de point en point.

LIBAN. | Et moi, ”si le marchand vient avant vous ici, je me charge de l'amuser.

LÉONIDA.

Écoute. í LIBAN.

Que veux-tu ?

LÉONIDA.

Si pour mieux imiter ce Sautéas, je t'applique un soufflet sur la joue, ne t'avise pas de te fâcher.

LIBANUS.

Hercle vero tu cavebis, ne me adtigas : si me tangis, Nae hodie malo cum auspicio nomen commutaveris'. LEONIDA.

Quaeso aequo animo patitor.

Patiter tu item quum ego te referiam. Dico ut usus fieri.

.LIBANUS.

Dico hercle ego quoque ut facturus sum.

| LEONIDA.

Ne nega!

LIBANUS.

Quin promitto inquam hostire contra, ut merueris. LEONIDA. | Ego abeo : tu jam scio patiere : sed quis hic est ? is est. Ille est ipsus; jam ego recurro huc: tu hunc interea hic tene.

Volo seni narrare.

LIBANUS.

Quin tu officium facis ergo, ac fugis?

LIBAN. | Ma foi ! si tu m'en crois, tu te garderas bien de mettre la main sur moi, de peur qu'il ne t'en coûte un peu cher, pour : avoir aujourd'hui changé de nom.

| LÉONIDA.

De grâce! souffre-le patiemment. , LIBAN.

Soit donc; mais en homme de cœur tu permettras que je te rende la monnaie de ta pièce.

| u LÉONIDA.

Il était de la décence de te prévenir.

LIBAN

Aussi c'est par le méme motif que je te donne avis de ce que je ferai.

LÉONIDA. :

Ne va pas te dédire !

Point du tout. Je m'oblige seulement à te traiter, de mon . cóté, comme tu le mériteras. | LÉONIDA. | | Je pars: je me repose sur ta complaisance. Mais qu'est-ce? C'est lui! c’est lui-même. Je suis à l'instant de retour; toi, retiens-le ici : je vaistout raconter au bonhomme. (1l s'enva. } LIBAN. | Pourquoi ne cours-tu pas avec plus d'empressement oü ton devoir t'appelle ?

SCENA III

MERCATOR, LIBANUS.

MERCATOR

Ur demonstratae sunt mihi, hasce aedis esse oportet, Demaenetus ubi dicitur habitare. I puere, pulta, Atque atriensem Sauream, si est intus, evocato huc. LIBANUS.

Quis nostras sic frangit fores? ohe, inquam, si quid audis. MERCATOR.

Nemo etiam tetigit; sanusne es?

LIBANUS.

At censebam adtigisse, Propterea, huc quia habebas iter : nolo ego fores conservas meas | À te verberarier : sane ego sum amicus nostris aedibus. MERCATOR. | Pol, haud periculum est, cardines ne foribus effringantur, Si istoc extemplo tu omnibus, qui quaerunt , respondebis. LIBANUS.

Ita haec morata est janua : extemplo janitorem Clamat, procul si quem videt ire ad sese calcitronem. Sed quid venis? quid quaeritas ?

MERCATOR

Demaenetum volebam.

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