LE MARCHAND, LIBAN
LE MARCHAND
Si je n'ai point oublié les renseignements que l'on m'a donnés, cette maison est assurément la demeure de Déménéte. Garcon, passe devant, frappe à la porte et prie l'esclave dotal de venir ici , s'il est au logis.
LIBAN
Qui est-ce qui brise notre porte? Holà! pas tant de vacarme, s'il vous platt.
LE MARCHAND
Vous rêvez : personne n'a frappé.
LIBAN
Comme vous veniez ici, je pensais que vous aviez frappé. Je veux que vous ménagiez cette porte, ma compagne de service ; car, à vous dire vrai, je suisle bon ami de chez nous.
LE MARCHAND
Parbleu ! vous n'avez pas à craindre de voir arracher les gonds, si vous étes aussi prompt à répondre à tous ceux qui vous appellent.
Cette porte est si bien apprise qu’elle criè aussitôt après le portier, d'aussi loin qu'elle aperçoit un donneur de coups de pieds. Mais quel sujet vous amène ?‘que demandez-vous ?
LE MARCHAND
Je voudrais parler au seigneur Déménète.
300 — ASINARIA. ACT. II. SCEN. IIl
LIBANUS.
Si sit domi, dicam tibi.
| MERCATOR
Quid? ejus atriensis ?
LIBANUS. | Nihilo mage intus est.
MERCATO R
Ubi est?
LIBANUS.
Ad tonsorem ire dixit’.
MERCATOR
Quum venisset, post non rediit?
LIBANUS.
Non edepol : quid volebas?
MERCATOR. | Argenti viginti minas; si adesset, adcepisset. | LIBANUS Qui pro istuc?
D MERCATOR
Asinos vendidit Pellaéo mercatori, Mercatu. | | m LIBANUS.
Scio, tu id nunc refers? jam hic credo eum adfuturum. MERCATOR. | Qua facie vester Saurea est” ? si is est, jam scire potero. LIBANUS.
Macilentis malis, rufulus, aliquantum ventriosus,
Truculentis oculis, commoda statura , tristi fronte.
L'ASINAIRE. ACT. II. SCEN. III. 3o1
LIBAN
S'il était à la maison, je vous le dirais. Il n'y est pas.
LE MARCHAND
Comment? Et Sauréas, le valet dotal?
LIBAN
Il n'y est pas non plus.
LE MARCHAND
Où est-il ? | LIBAN.
Il a dit qu'il allait chez le barbier.
LE MARCHAND
N'est-il point revenu depuis ?
LIBAN
Non, assurément. Que voulez-vous de lui?
LE MARCHAND
S'il eût été ici, j'étais chargé de lui rémettre vingt mines d'argent.