‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 83 sur 96 · A UNE BAIGNEUSE · texte numérisé non relu

A UNE BAIGNEUSE

Qui donc es-tu, folle étrangère, Qui sur nos plages viens le soir, Et dans la mer, au clair miroir, Cours te plonger blanche et légère?

L'écho demande d'où tu sors.

L'écho l'ignore; — le rivage Ne sait de toi que ton courage Et que les grâces de ton corps.

De qui tiens-tu cette âpre flamme?

De qui tiens-tu ce bras viril

A UiNF, BAIGNEUSE. 3G5

Qui te fait braver le péril

Du vent qui souffle et de la lame?

La côte, l'autre soir, grondait; L'onde accourait sous la tourmente, Et sur la grève, au loin fumante, Énorme, elle se répandait.

Les hommes sentaient en silence Trembler le môle et le rocher.

Ils contemplaient, sans approcher.

L'irrésistible violence...

Tu vins; tu vis cette fureur.

Tu dénouas soudain ta robe.

Et dans le flot qui te dérobe Tu plongeas du front sans terreur.

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