Scène d'effroi! spectacle étrange
Tu triomphais des flots amers.
Étais-tu la reine des mers?
De la tempête étais-tu l'ange?
La plage admirait. — Le soleil,
3f}6 LES POEMES DE LA MER.
Retournant à son lit de gloire, Sur tes bras, sur tes pieds d'ivoire.
Imprimait un baiser vermeil.
Toi, tu jouais dans sa lumière:
Dressant ta tête aux blonds cheveux, Tu repoussais d'un bras nerveux Les flots mêlés à ta crinière.
Dans l'écume et dans le rayon, Tu flottais, ô nageuse insigne, Déployant des blancheurs de cygne Et des souplesses d'alcyon.
Et nous pensions : « Qui donc est-elle? Quel est cet être audacieux, Dont la Grèce, au siècle des dieux, Eût fait jadis une immortelle?
« Un souffle de rébellion
A-t-il émancipé cette âme?
Qui sait s'il reste un cœur de femme
Sous cette force de lion?...