‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 131 sur 358 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

d'estrigaud.

Vous m'auriez bien reçu ! Quand la nouvelle de votre mariage m'est arrivée au fond de la solitude où je cachais mon désastre, je n'étais pas un parti présentable, je le reconnais. Et, lorsque mon nom est redevenu digne de vous, il étail trop tard pour vous l'offrir... Vous étiez comtesse; autrement, soyez sûre...

OCTAVIE, souriant.

Faut-il que vous teniez à la main de Catherine 1

d'estrigaud.

Ah ! parbleu ! vous auriez un moyen bien simple de m'y faire renoncer.

OCTAVIE

Lequel ?

d'estrigaud, s' asseyant près d'elle.

Ce serait de donner un peu raison à la jalousie du comte.

OCTAVIE

Vous seriez bien attrapé si je vous prenais au mot.

d'estrigaud.

Essayez. Vous êtes la seule femme que j'aie vraiment aimée, la seule que je puisse aimer encore.

OCTAVIE

Vous mentez peut-être moins que vous ne pensez.

d'estrigaud.

Faites-en l'épreuve. Je suis prêta tout quitter pour vous... et avec vous.

OCTAVIE

Même la France?

d'estrigaud.

Si vous voulez.

Je n'«n crois pas un mot, et pourtant cela me fait plaisir à. entendre. Pourquoi?

d'estrigaud.

Parce que vous savez bien que, si vous acceptiez, je ne reculerais pas.

OCTAVIE

Sîais vous savez bien vous-même que je n'accepterai pas.

Îd'èstrigaud.

lia foi, je n'en suis pas sûr.

OCTAVIE, se levant.

Vous êtes un fat, mais votre fatuité me plait. Vous êtes arrivé à vos fins, mon cher Raoul.

d'estrigaud.

Auxquelles?

OCTAVIE

Aux plus sérieuses.

d'estrigaud.

Eli bien, sur ma parole, je regrette les autres.

OCTAVIE

C'est parce que je ne suis pas loin de le croire que je vous servirai, quoi qu'il puisse m'en advenir.

d'estrigaud. • Il ne vous en adviendra rien de fâcheux. Ce que j'ai à •vous demander, c'est précisément ce que vous demanderait M. de Sainte-Agathe lui-même. Dites à Catherine beaucoup -de mal de moi, vous m'entendez? et beaucoup de bien du ^etit vicomte...

Je vous entends. — Où en êtes-vous avec elle?

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