‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 282 sur 358 · VI · texte numérisé non relu

VI

422 JEAN DE ÏHOMMERÀY.

CHATEAUVIEUX

Ce n'est pas une affaire de vocation, mais de devoir. Et puis j'ai la rage au cœur! je veux venger mes pauvres amis Cliampin et Puyscux, tués à mes côtés.

JEAN

Je te demande s'ils n'auraient pas mieux fait de rester chez eux comme de bons bourgeois qu'ils étaient !

CHATEAUVIEUX

Ils aimaient leur pays.

JEAN

Leur mort lui a été bien utile ! — Ah! que je remercie le papa Jonquières de s'être mis en travers quand je voulais faire la môme folie que vous autres !

C'eût été en effet une folie de ta part; à la veille de te marier tu n'avais pas le droit de courir au-devant du danger. Personne n'a songé à te blâmer. Mais depuis lors, permetsmoi de te le dire, tu as pris une attitude si bizarre, tu t'es répandu eu sarcasmes si étranges contre ce que tu appelles encore le chauvinisme, que tous tes amis s'en affligent, je ne te le cache pas.

JEAN, ii-oQique.

Vraiment?

CHATEAUVIEUX

Et sais-tu ce qui m'amène chez toi? On disait tout à l'heure, au cercle, que tu étais parti ce matin avec ton futur beaupère et ta fiancée. Je me suis porté fort pour toi...

JEAN

Et tu venais t'assurer que ton aveugle confiance ne se trompait pas? Merci, mon ami. — As-tu parié gros?

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