‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 41 sur 358 · ACTE TROIS I EME · texte numérisé non relu

ACTE TROIS I EME

Qui m'a si brusquement à Paris ramenée. Et je repars.

CAMILLE

Quand donc?

Ce soir même.

CAMILLE

Ce soir?

Sans nous donner le temps seulement de vous voir

LÉA

Mais... je suis accourue avec une valise ; Mon bagage et mes gens m'attendent à Venise, Et je suis de passage et non pas de retour. Mais laissons un sujet douloureux; à ton tour! Tu me dois des récits, n'ayant pas pu m'écrire. Te voilà bien heureuse !

CAMILLE

Oh ! oui bien !

Se reprenant.

C'est-à-dire...

LEA

CAMILLE

Quoi donc?

Rien!

LÉA

Tu roucris?

Je ne sais pas pourquoi.

Je suis heureuse enfin, ne parlons pas de moi.

LÉA

Parlons-en au contraire, et longuement.

CAMILLE

De grâce !

LÉA

Qu'a donc cet entretien en soi qui t'embarrasse? N'aurais-tu pas trouvé tout ce que tu rêvais? Le mariage a-t- il déjà ses jours mauvais? Tu détournes les yeux? Pauvre chère Camille ! N'était-ce pas assez de moi dans la famille, Et faut-il à mes maux ioindre les tiens?

CAMILLE

Mais non.

Paul... il m'adore !

LEA, Lrusquemeat.

Alors, que me disiez-vous donc 'r Que t'a-t-on dit?

CAMILLE

Rien.

LÉA

Rieu?

CAMILLE

Aussi vrai que j'existe !

J'ai honte à mon bonheur en vous voyant si triste, Voilà tout ; pour ne pas vous en rendre témoin, Je tâchais d'éluder l'entretien sur ce point...

LÉA, avec un sonrue enatraint.

Donc, ton mari t'adore ? Oh ! tu peux parler.

CAMILLE

Dame, Il le dit, je le crois, puisque je suis sa femme.

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