‹ Théâtre completChapitre 127 sur 287 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MO.NTE-PP.ADE

Ma liUc est accordée à son petit-cousin.

CLOIUNDE.

Le père à son retour changera de dessein. Croyez-vous qu'à Padoue il soit une famille Qui Hiarirait son lils avec ma belle-fille? Si vous vous en flattez, Seigneur, vous avez tort.

MOXTE-PRADE.

Cruelle! vous mettez le doigt sur mon remord.

CLOU INDE

Et sur le mien. Aussi je choisis avec joie

Létrange occasion que le ciel nous envoie

De réparer bientôt par un coup triomphant

Le tort que nous (îiisons à notre chère enfant.

Puis c'est un égoïsme en moi fort légitime

De vouloir lui donner un mari qui m'estime,

Dont elle sera fière et dont l'empire aimé

Me rouvrira ce cœur charmant qui m'est fermé.

(Juel bonheur! >'ous irions tous quatre en Allemagne...

MO.ME-PUADE.

Là, nul ne jetterait d'insulte à ma compagne... Que laisserais-je ici? Rien que des ennemis. La patrie est aux lieux où l'on a des amis. Mais Célie aime Horace !

CLORINDE

Un sentiment si mince Tiendra-t-il dans son cœur contre l'amour d'un prince? D'un prince de roman, d'un prince déguisé, Qui veut être une fois pour lui-même épousé! Cette prétention, fort ridicule en somme, A des yeux de seize ans peut embellir un homme.

MONTE-PRADE

Ah! que vous m'enchantez de le traiter ainsi! Mais cet amour d'enlant me donne du souci.

CLORINDE

Les filles de seize ans sont tôt persuadées.

MONTE-PRADE

Non! non! Célie est ferme en ses jeunes idées. L'innocente m'a fait cent réponses déjà Où jamais à seize ans fillette ne songea. La mère ayant trop tôt déserté la couvée, A mon triste foyer l'enfant s'est élevée, Mûrissant son esprit en silence, au milieu Des entretiens virils et sous l'aile de Dieu. Je suis si maladroit et son humeur est telle Que je gâterai tout pour peu que je m'en mêle. Vous seule la pourriez peut-être manier.

Croyez-vous?

MONTE- PRA DE

Essayons. Je vais vous l'envoyer.

CLORINDE

Très bien !

II sort.

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