SCÈNE III FABRICE, CLORINDE
FABRICE, à part.
Allons, cœur ulcéré, tais-toi!
CLORINUE.
Je tiens parole, Et me voici, Seigneur.
FABRICE
Merci! Mais le temps vole, Les instants sont comptés; une heure de retard Rive votre existence à celle d'un vieillard. — M'aimez-vous?
CLORINDE
Mais, Seigneur...
FABRICE
Tu m'aimes ! j'en atteste Le trouble que je lis dans ton regard céleste! A quoi bon les combats et les vaines pudeurs? L'amour a d'un seul coup foudroyé nos deux cœurs.
CLORINDE
Que croirez-vous de moi?
i250 L'AVENTURIERE.
FABRICE
Quel penser t'importune?
Quand tu quittes pour moi, sans nom et sans l'orlune Les splendeurs d'un hymen opulent?...
CLORINDE
Je trahis Tout ce qu'un autre en moi d'espérance avait mis!
FABRICE
Je ne trahis donc rien, moi qui trahis mon hôte? Va, nous sommes égaux dans l'amour et la faute.
Comment dire au plus doux des hommes, au meilleur...?
FABRICE
Crois-tu donc que je veuille affronter sa douleur? Non! — qu'un départ secret de ses pleurs nous délivre!
iMonIc-Prade paraît ail fond.
CLORINDE, à part.
Enfin
Haut.
Fuir?
FABRICE
M'aimez-vous assez pour m'oser suivre?
Je suis pauvre et vous ofi're un destin peu tentant.
CLORINDE
Partons quand vous voudrez, je vous aime.
FABRICE
A l'instant!
Ils se retournent et apei'çoivent Moiitc-Pradc sur la porte.