‹ Théâtre completChapitre 138 sur 287 · SCÈNE III FABRICE, CLORINDE · texte numérisé non relu

SCÈNE III FABRICE, CLORINDE

FABRICE, à part.

Allons, cœur ulcéré, tais-toi!

CLORINUE.

Je tiens parole, Et me voici, Seigneur.

FABRICE

Merci! Mais le temps vole, Les instants sont comptés; une heure de retard Rive votre existence à celle d'un vieillard. — M'aimez-vous?

CLORINDE

Mais, Seigneur...

FABRICE

Tu m'aimes ! j'en atteste Le trouble que je lis dans ton regard céleste! A quoi bon les combats et les vaines pudeurs? L'amour a d'un seul coup foudroyé nos deux cœurs.

CLORINDE

Que croirez-vous de moi?

i250 L'AVENTURIERE.

FABRICE

Quel penser t'importune?

Quand tu quittes pour moi, sans nom et sans l'orlune Les splendeurs d'un hymen opulent?...

CLORINDE

Je trahis Tout ce qu'un autre en moi d'espérance avait mis!

FABRICE

Je ne trahis donc rien, moi qui trahis mon hôte? Va, nous sommes égaux dans l'amour et la faute.

Comment dire au plus doux des hommes, au meilleur...?

FABRICE

Crois-tu donc que je veuille affronter sa douleur? Non! — qu'un départ secret de ses pleurs nous délivre!

iMonIc-Prade paraît ail fond.

CLORINDE, à part.

Enfin

Haut.

Fuir?

FABRICE

M'aimez-vous assez pour m'oser suivre?

Je suis pauvre et vous ofi're un destin peu tentant.

CLORINDE

Partons quand vous voudrez, je vous aime.

FABRICE

A l'instant!

Ils se retournent et apei'çoivent Moiitc-Pradc sur la porte.

Page 1