ACTE QUATRIÈME
ANXIB AL.
Sans le moindre i-emords.
N'est-ce pas ton honneur et le mien que je venge? iSe t'a-t-il pas séduite... eu te battant, pauvre ange! Sois tranquille, d'ailleurs : il sera très gentil Entre une belle fille et ce vilain outil. Surtout quand il saura que c'est la propre lame Et le coup du fameux Matapan de Bergame.
CLORINDE
Mais je ne l'aime pas... Non! Et si je l'aimais, Je voudrais, entends-tu, qu'il ne le sût jamais.
ANXIB AL.
La femme est, je l'avoue, un étrange problème.
Ah! depuis un instant j'ai l'horreur de moi-même.
AXXIBAL.
Je la crois bonne à mettre à l'hôpital des fous. En somme, que veux-tu, voyons? Résumons-nous.
CLORINDE
Emmène-moi... partons.
AN MB AL.
Sans épouser personne? Après tout, je ne peux t'y forcer, ma mignonne, Et je vois bien qu'il faut faire la part du feu; Mais je prétends tirer mon épingle du jeu.
CLORINDE
Que méd:îos-tu donc?
262 L'AVENTUr.IÊRE.
A N N I B A L , avec diL,'nilô.
Rien que de malhonnête!
Tu me remercîras en retrouvant ta tête. Pour le moment, écoute et retiens ta leçon : Tu me connais ; tu sais que je suis bon garçon ; Mais si lu me viens mettre un bâton dans la roue, Au premier mot lâché par toi qui me déjoue. J'applique <à ton galant un vertueux soultlet, Et je l'embroche après comme un simple poulet. Est-ce compris?
CLOR IXDE.
Mon Dieu! qu'est-ce que tu prépares?
ANMBAL.
La mort de ton galant, si tu me contrecarres. S'il te plaît mieux ainsi, je ne suis pas têtu. Ma chère, et donnerais le choix pour un fétu. Il nous a ruinés, et moi, quand je me venge, A la table des dieux il semble que je mange.