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SCE.M^ II LAÏS, PSAUMIS, BOMILCAR

LAÏS

Bonjour; je vous ai fait bien attendre, Psaumis.

PSAUMIS.

Un peu. Je vous présente un de mes bons amis, Mon hôte, le seigneur Bomilcar de Carthage, A qui, si vous m'aimez, vous ferez bon visage.

LAIS, allant à lui.

Ami de mon ami, soyez le bienvenu!

BOMILCAR

D'un accueil cordial il m'avait prévenu; Mais il n'avait pas dit, et nul ne pourrait dire Le charme hospitalier de votre doux sourire.

LAÏS

C'est très galant, cela

BOMILCAR

Pour un Carthaginois.

PSAUMIS, à part.

Voudrait-il me souffler ma Laïs, le sournois?

LAiS.

Que fait-on à Carthage ?

BOMILCAR

On y fait les javelles.

LAÏS

En effet, c'est le temps. Et pas d'autres nouvelles?

PSAUMIS.

On doit gloser un peu sur le brusque départ D'un fin négociant appelé Bomilcar.

LAis.

Quoi ! vous êtes parti, Seigneur, sans crier gare?

BOMILCAR

Mes adieux auraient fait une aff"reuse bagarre. J'ai là-bas des amis, plus chauds que de raison, Qui, pour me conserver, m'auraient mis en prison.

LAÏS

J'entends; de ces amis, sans nulle complaisance, Qui vous font un fardeau de la reconnaissance, Et viennent sans pudeur et d'un Ion discourtois Vous appeler ingrat tous les trente du mois?

C'est cela justement, sauf une erreur de date : C'est le trois que, chez nous, l'ingratitude éclate.

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