‹ Théâtre completChapitre 244 sur 287 · L.\IS, à Chalcidias · texte numérisé non relu

L.\IS, à Chalcidias

Ah ! je le savais bien que tu n'es pas un lâche !

B 0 .M I L C A p. , se frottant les mains.

Allons! il se tùra : c'est un brave garçon!

CHALCIDIAS.

Décidément la mort me donne le frisson.

BOMILCAR

Son mépris et le mien, c'est tout ce que tu gagnes.

LAiS.

Voilà donc la leçon de tes rudes montagnes ! Voilà ce qu'on apprend sur les rocs sourcilleux : A servir, à trembler sous un maitre orgueilleux!

0 courtes nuits d'été, limpides et sans voiles! Solitude des monts ! présence des étoiles ! 0 mon lit de bruyère et de cityse en fleurs! 0 mes chèvres!...

BO MIL CAR, à Lais.

Ses yeux se remplissent de pleui^,

LAIS, à Chalcidias.

Achève ! dans ton cœur il se livre une Ijatte.

CHALCIDIAS, avec effort.

0 mes chèvres ! pour vous je jouais de la fïùto,

Je peux bien en jouer au seigneur Bomilcar

Qui n'est pas moins que vous digne de cet égard.

LAIS

Oh ! quelle lâcheté !

CHALCIDIAS, i part.

Dis plutôt quel courage !

Haut.

D'ailleurs, tout bien pesé, j'aime assez l'esclavage. Pour vivre de travail je suis trop paresseux, Et je suis devenu trop gourmand pour un gueux. La liberté sans pain me semble un pur fétiche : J'aime mieux m'engraisser de la sueur du riche.

LAÏS

Est-ce possible?

Eh ! oui, j'en fais l'aveu naïf, Je n'ai rien de commun avec un roi captif. Je ne suis...

LAIS, vivement.

Il a dit..?

Roi captif

BOMILCAR, h Chalcidias.

Tu t'es trahi toi-même,

CHALCIDIAS, à part.

Maladroit !

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