C.Dinment? que dites-vous
BRIDAINE
En êtes-vous fâché?
FÉLINE
J'en ronviens. Non qu'au bien je sois fort attaché; l.a pauvreté n'est rien pour les âmes constantes.
BRIDAINE
Surtout quand elles ont dix mille écus de rentes.
FÉLINE
Mais ce qui m'a frappé d'un coup inattendu, C'est de voir que pour moi votre cœur est perdu.
BRIDAINE
Pas du tout, mon neveu; votre amitié s'abuse.
FÉLINE
Vous m'avez préféré cependant... une intruse.
BRIDAINE
C'est ma nièce, que diable! Elle est pauvre, de plus. Tandis que vous avez, vous, deux cent mille écus.
FÉLINE
Ne parlons pas d'argent; je me trouve assez riche; Mais votre procédé dans le monde m'affiche. On cherchera pourquoi je suis déshérité, Et peut-être on croira que je l'ai mérité.
BRIDAINE
S'il ne tient qu'à cela, je saurai bien réduire Les médisants au point de ne pouvoir médire,
92 UN HOMME DE lîlEN.
Et je leur prouverai notre bonne amitié,
En fréquentant chez vous plus souvent de nioilié.
FÉLINE
Quoi! vous viendrez...
BRIDAINE
Dîner quatre fois par semaine.
FÉLINE
Je n'entends pas pourtant vous causer nulle gêne.
BRIDAINE
Point, point.
FÉLINE
J'aime mieux être un peu calomnié...
BRIDAINE
Point, vous dis-je. C'est fait, je me tiens pour prié. Que diable ! laissez-moi vous rendre ce service.
FÉLINE
Puisque vous le voulez, il faut que j'obéisse.
BRIDAINE
De plus, je vous promets quelque bon souvenir. Un gage d'amitié qui vous fera plaisir.
FÉLINE, à paît.
Enfin!
J'ordonnerai, par volonté dernière.
Qu'on vous donne ma canne avec ma tabatière : Ce sont meubles sur moi (jue j'ai toujours portés.
FÉLINE, k part.
Le tout vaut trente francs.
Haut. i