‹ Théâtre completChapitre 59 sur 287 · SCÈNE PREMIÈRE ROSE, JULIETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE ROSE, JULIETTE

ROSE

Allez ! ne croyez pas que cette adoption

Soit un effet chez lui de pure afTection :

Il se défend par là contre la solitude

Et veut prendre sur vous un droit de servitude

Oui vous empêche un jour, cherchant un sort plus doux,

Lie quitter la maison pour celle d'un époux.

JULIETTE

Quoi! si j'aimais quelqu'un, mais d'un amour si tendri Qu'il verrait mon bonheur et ma vie en dépendre...

ROSE

D'abord, ces vieilles gens au cœur muet et sourd Sont très persuadés qu'on ne meurt pas d'amour; A grand'peine croient-ils qu'on meure de vieillesse ! Quant à vous voir heureuse en saison de jeunesse,

Votre père adoptif y consent de bon cœur... Pourvu qu'à le soigner vous mettiez le bonheur.

JULIETTE

Non, non, vous vous trompez, Rose; mon oncle m'aime.

Il n'a qu'un seul ami — d'enfance — et c'est lui-même.

JULIETTE

Vous verrez le contraire, et peut-être aujourd'hui...

ROSE

Vous êtes avertie; ensuite...

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