SCÈNE PREMIÈRE ROSE, JULIETTE
ROSE
Allez ! ne croyez pas que cette adoption
Soit un effet chez lui de pure afTection :
Il se défend par là contre la solitude
Et veut prendre sur vous un droit de servitude
Oui vous empêche un jour, cherchant un sort plus doux,
Lie quitter la maison pour celle d'un époux.
JULIETTE
Quoi! si j'aimais quelqu'un, mais d'un amour si tendri Qu'il verrait mon bonheur et ma vie en dépendre...
ROSE
D'abord, ces vieilles gens au cœur muet et sourd Sont très persuadés qu'on ne meurt pas d'amour; A grand'peine croient-ils qu'on meure de vieillesse ! Quant à vous voir heureuse en saison de jeunesse,
Votre père adoptif y consent de bon cœur... Pourvu qu'à le soigner vous mettiez le bonheur.
JULIETTE
Non, non, vous vous trompez, Rose; mon oncle m'aime.
Il n'a qu'un seul ami — d'enfance — et c'est lui-même.
JULIETTE
Vous verrez le contraire, et peut-être aujourd'hui...
ROSE
Vous êtes avertie; ensuite...