ACTE TROISIÈME
ROSE
C'est bien pis Si j'ose la première affronter ce logis! — l\e vous défendez pas, ce n'est point un rcproclie. — Qu'un crime vu de loin est moins laid qu'à l'approche! Quand je vous écrivais de m'attendre chez vous, Je ne comprenais pas ce qu'est un rendez-vous. J'accusais mon mari d'une cruelle offense, Et n'étais attentive alors qu'à la vengeance. Mais ici j'ai senti que tout allait changer, Et qu'au seuil je perdais le droit de me venger. Il m'a semblé soudain devenir une femme Pareille de tous points à celles que je blâme. Et je serais partie aussitôt, si ce n'est Que vous n'auriez pas eu sur moi l'esprit bien net. .l'ai voulu vous donner la clef de ma conduite : C'est fait; et maintenant pour jamais je vous quitte
Elle se lovr.
OCTAVE
Pour jamais?
ROSE
Vous revoir, c'est tromper mon époux.
OCTAVE
Je ne vous verrai plus ? quoi ! pas même chez vous?
ROSE
Vous n'y pourriez venir qu'à l'insu de mon maître; Il me faudrait mentir, et vous cacher peut-être Ce serait peu de joie et beaucoup de remords.