‹ Théâtre complet et poésies choises. Avec notice et notesChapitre 8 sur 117 · NOTICE SUR GRÉVIN XIV · texte numérisé non relu

NOTICE SUR GRÉVIN XIV

s^écrie aiïectueusement Ronsard. Du Bellay, en des vers mélancoliques, les derniers, je crois, qu'il ait écrits, envie, dans son triste déclin, l'aurore triomphant du jeune poète :

Je souspire le temps que d'un pareil esmoy Je chantay mon Olive... i.

et Remy Belleau l'exhorte avec cordialité à chanter ses amours^. Ronsard, Du Bellay, Belleau, quelles cautions pour un débutant de vingt-deux ans !

Le titre du recueil de 1560 annonçait « les autres œuvres poétiques dudict Auteur. » Ce sont principalement une trentaine de sonnets formant ce que Grévin appelle L^r Gélodacrye (mélange de ris et de larmes, YéXwç, Sazpu). Ce néologisme ronsardien est resté pour compte à Grévin. Il n'était cependant pas plus bizarre que d'autres vocables forgés à, cette époque, qui ont eu une jolie fortune, comme, par exemple, sympathie ou bibliothèque. La Gélodacrye, c'est la satire, qui tantôt rit et tantôt s'afflige de la folie humaine : Démocrite et Heraclite. Mais la satire de Grévin ne rit guère. Elle est âpre, concentrée et amère, bien plus politique que morale, et, pour tout dire, d'inspiration nettement protestante : le moment est venu de nous expliquer sur ce point.

Jacques Grévin a renié « la doctrine apprise de sa mère » et « lafoy des anciens »,dans laquelle il a été instruit par l'abbé de Prong : il est calviniste.

Il a dû le devenir de très bonne heure. Il avait laissé à Clermont des amitiés protestantes qu'il y retrouvait

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