Exclamation affirmative
67. — Molière a lu Grévin, et y a pris son bien. D'abord, des noms.
Dans la préface de Tartuffe, il écrit : « Ce seroit une injustice épouvantable que de vouloir condamner Olympe, qui est femme de bien, parce qu'il y a une Olympe qui a été une débauchée. «Nicole (le vrai nom de l'Olympe de Grévin), Claude, Agnès désignent des personnages de Molière. Le « sire Josse » des Esbahis est le parrain de « Monsieur Josse » de L'Amour médecin. La rude instruction d'Arnolphe à Agnès sur l'obéissance de la femme dans le mariage (École des Femmes, III, 3) tenait déjà dans deux vers de la Trésoricre (III, 5) : Qu'ell' m'obéisse tout ainsi Que l'enfant est tenu au père, et un autre passage de la Trêsorière (l\T,i) a visiblement inspiré l'exclamation rageuse d'Orgon : « Je l'ai vu, dis- je, vu, de mes propres yeux vu... » On dira : identité de situation. Mais cette identité même mérite attention. Elle est frappante si l'on compare Les Esbahis et L'Avare. Des deux côtés, un vieillard sordide (Grévin a eu soin de donner à Josse des traits de pingrerie) amoureux d'une jeune fille. Josse se plaint d'un « caterre » comme Harpagon d'une fluxion. Il se console comme il peut :
Je ne suis pas si vieil qu'on dict, Je ne suis qu'en fleur de mon aage.
Harpagon, lui, reçoit les consolations de l'astucieuse. Frosine. « Hé bien ! qu'est-ce que cela, soixante ans? Voilà bien de quoi ! C'est la fleur de l'âge. » (L'A vare, II, 6).
La Pastorale