‹ Théâtre complet et poésies choisies de Jacques GrévinChapitre 53 sur 113 · SCÈNE IV. — MARIE seule · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — MARIE seule

L'homme de ce Protenotaire

N'est pas des plus niez du monde :

Quand il est céans, il me sonde,

Et semble bien à l'ouyr dire

Qu il ait intention de rire

Tout ainsi comme faict son maistre :

Et croy que s'il se sentoit estre

Si peu que rien favorisé,

Il seroit bien assez rusé

D'essayer s'il pourroit bien faire

Ce que faict le Protenotaire.

Je n'useray plus de rudesse

En son endroict, car ma mais tresse

Dict qu'il ne fault point refuser

Ce qui ne se peult onc user.

JACQUES GRÉVIN So

Aussi est-ce une grand' folie Que d'engendrer mélanckolie.

Nous n'aurons pas toujours le temps Pour rendre nos désirs contans.

Il fault donc prendre le loisir, Puisque nous voyons le plaisir S'offrir d'une gaité de cueur. Et pourquoy non? le serviteur N'aura-t-il aussi grand'puissancc De me donner la jouissance, Et rendre l'appétit content De ce point que l'on prise tant, Comme Monsieur à sa Constante?

Je croy que le mal qui tourmente L'esprit et mon repos de nuict Se guérist par mesme déduict :

Autant peut le lay27 que le prestre, Et le serviteur que le maistre, Le pauvre, comme un de grand'race.

Mais je ne voy point Boniface Venir ainsi qu il a promis.

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