‹ Théâtre complet et poésies choisies de Jacques GrévinChapitre 63 sur 113 · SCÈNE IV. — MARIE, seule · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — MARIE, seule

]\Iiséricorde mes amis, Sommes-nous en une province ■ Où l'on ne craigne point le Prince? Hélas, mon dieu ! quelle fraieur !

Encore qui plus est, Monsieur

LA TRÈSORIÈRË

A trouvé ce Protenotaire, Qui n'a sceu autre chose faire, Sinon que se pensant, sauver, Et voyant subit arriver Le courtisan et ses souldars Qui le cherchoient de toutes pars, Il s'est rendu à leur mercy.

O quel ennuy ! ô quel soucy !

Quelle lamentable journée Maintenant nous est ordonnée !

Voylà, jamais nous n'aurons bien Dans le logis : car aussi bien Tousjours le Trésorier jaloux Nous acravantera 3 x de coups :

Jamais il n'aura mercy d'elle, Encore si ma Damoiselle N'eût esté prise en ce délict Avec monsieur dessus le lict, Lon eust peu couvrir cet' affaire :

Mais comment? le Protenotaire La tenoit desjà embrassée, Quant le mari la devancée Comme elle se pensoit cacher, Et si ne la pouvoit lâcher :

Ce qui a tant seulement faict Qu'il les a pris dessus le faict.

Je m'esbahis bien fort comment Il n'est venu premièrement, A Boniface : toutesfois J'en suis eschappée.

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