ACTE PREMIER
JEAN
De toutes nos forces nous allons l'essayer... Y consentez vous ?
LUCIENNE
J'y consens!
JEAN, lui prenant les mains avec effusion.
... Mais il faut que j'agisse tout de suite... Il faut qu'à l'instant, nous fassions connaître nos projets d'union... Je veux profiter de ce réveil de moi-même, de cette exaltation... parce que, si j'attendais, j'aurais peur de ne plus avoir assez de force pour vouloir. Je vais parler à votre père. Je lui ai dit, il y a longtemps déjà, que je vous voulais pour femme; mais, à ce moment-là, j'étais sans énergie, parce que j'ignorais que vous m'aimiez. Ah! comme nous allons être heureux!
Il sort. Le docteur Bertry entre.
LE DOCTEUR
Tout ton monde est parti?
LUCIENNE
Oui.
LE DOCTEUR
Tu es contente d'aller à Ébreville?
Ravie, ravie, ravie...
LE DOCTEUR
Qu'est-ce que tu as donc? Tu as l'air tout exalté..
LUCIENNE
Vous le saurez tout à l'heure... Il s'agit d'un événement grave qui va surgir dans mon existence.
LE DOCTEUR, suus attacher d'importance.
Grave!... grave et heureux?
LUCIENNE
Et heureux l
LE DOCTEUR, de même.
Allons, tant mieux, tant mieUx !..; Lucienne sort.
îîGExNE XI
LE DOCTEUR BERTRY seul, puis LES DOCTEURS LA BELLEUSE, RICHON et MORIENVAL.
LA BELLEUSE
Entrez donc, mes chers confrères... Entrez donc! {Au docteur Bertry.) Cher Maître, je vous ramène le docteur Richon et noire autre confrère Morienval qui, ayant appris votre départ, a tenu à vbus présenter ses respects...
LE DOCTEUR RICiiON.
Cher Maître... j'ai admiré!... Ah! les Parisiehs sont heureux de posséder des établissements aménagés comme celui-là... car il a dû coûter bon...
LA BELLEUSE
Ils ont encore plus de chance d'y recevoir les soins du docteur Bertry.
LE DOCTEUR
Gratuitement..
Gratuitement.
kORIENVAL.
LE DOCTEUR, à Morienval.
Et vous venez de passer votre thèse, monsieur?
MORIENVAL, uu clocleur Bertry.
Oui, mon cher Maître. Mon père m'a dit : « Fais-toi toujours avocat ou médecin; si ça ne réussit pas, il sera toujours temps d'entrer dans la politique »,