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ACTE DEUXIEME

MADAME LOGERAIS

Oui ! Elle a toutes les vertus. Je les connais ces vertuslà, il m'en est passé plus d'une sous les yeux. Je vais commencer par la flanquer à la porte, ta dulcinée. J'aurais dû le faire il y a longtemps... ah! c'est Marguerite ! J'en trouverai donc toute ma vie sur mon chemin de ces gueuses-là ?

LOGERAIS

Ma chère amie, tu as tort...

MADAME LOGERAIS

Allons! allons! Est-ce que tu vas les soutenir, toi? Il ne manquerait plus que cela ! Je dis que je vais la flanquer à la porte... [A André.) Et toi, je te défends de la revoir.

ANDRÉ

Si tu réfléchis, maman, tu ne me feras pas cette défenselà, parce que tu comprendras que je ne pourrais pas t'obéir.

LOGERAIS

Je t'assure que la colère te conseille mal. Cette jeune fille ne manquerait pas de dire tout à ses parents, ce qui serait tout naturel, et nous provoquerions un scandale. Il me semble que tous les trois nous nous emballons unpeu... Réfléchissons. Soyons de sang-froid. Ne soyons ni des dupes ni des méchants. Nous voilà tout émus, tout bouleversés, nous sommes sur le point de nous dire les paroles les plus désagréables et au fond nous ne savons même pas si le malheur dont nous nous émotionnons à ce point est réel ou imaginaire.

ANDRÉ

11 est réel.

LOGERAIS

Elle a très bien pu te dire cela pour te retenir, pressentant que tu allais peut-être la quitter.

Non! Elle ne ment pas... [Un silence.) Nous venons de chez le médecin...

LOGEUA.IS, après un long silence.

Nous voilà dans de beaux draps... Qu'est-ce qu'elle dit?

Rien!... Elle pleure. Elle est très souffrante... Elle est rentrée chez elle.

LOGERAIS

Mais elle va revenir!

Oui.

MADAME LOGERAIS, aprês un nouvcou silence. Sans dureté, simplement :

Et tu te crois le père de cet enfant-là?

ANDRÉ

Oui!

MADAME LOGERAIS

Alors ?

ANDRÉ

Alors, je suis venu vous dire, à l'un et à l'aulre, ce que je crois être mon devoir...

LOGERAIS

Mon ami, pas de grands mots. Pas de phrases de romans. Pas de déclamation, ni de sentimentalité, n'estce pas?... Ton devoir! Ton devoir!... Ce n'est pas en examinant les faits de cette façon-là que tu te tireras d'embarras. Tu vas me faire le plaisir de te tenir tranquille et de nous laisser arranger tout cela. Je ne t'adresse aucun reproche pour le moment, bien que tu en mérites beaucoup. Tu as commis une bêtise, une grosse, restes-en là et ne nous trouble pas lorsque nous cherchons à la réparer. Encore une lois, ne dramatisons rien. Ce qui l'arrivg, arrive tous les jours.

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