ACTE DEUXIEME
LA MÈRE
Allons...
LA NOURRICE
Eh ben ! voilà : on a beau être de son village, on n'est pas plus bête que les autres pour ça... J'ai bien deviné pourquoi qu'on me cherche chicane. C'est monsieur qui aura grondé parce que vous m'avez promis trente francs de plus par mois si je venais à Paris.. (fîWe va vers Georgres.) Mais, monsieur, est-ce que ce n'est pas naturel? Est-ce qu'il ne faut pas mettre mon petit quelque part, et puis que mon pauvre homme mange à sa faim? Nous ne sommes que des pauvres gens de la campagne. l'avarié.
Vous vous trompez, nourrice... Il n'y a rien de tout cela. Maman a eu raison. Et je suis tellement loin de rien lui reprocher que, tout au contraire, je trouve qu'elle n'a pas assez promis. Et je vais vous faire, moi, une autre promesse. Lorsque vous partirez, lorsque Bébé sera en âge d'être sevré, pour vous remercier, nous vous donnerons...
LA MÈRE, faisant tourner la nourrice vers elle.
Nous vous donnerons en plus de vos gages, — vous entendez — en plus de vos gages. Nous vous donnerons cinq cents francs... et peut-être mille... si la petite est tout à fait en bonne santé, bien entendu. LA NOURRICE, Stupéfaite.
Vous me donnerez cinq cents francs... à moi... pour moi... [Cherchant à comprendre.) mais .. ça... ça n'était pas convenu... vous n'y êtes point forcés...
LA MÈRE
Non.
LA NOURRICE, à elle-même.
C'est point naturel, alors...
LA MÈRE
Si. C'est parce que Bébé aura besoin de plus de soins...
Vous aurez un peu plus de peine... II faudra lui faire prendre des médicaments... votre tâche sera un peu plus délicate, un peu plus difficile...