SCÈNE IX KELLER, IIERMAN
KELLER, retenant Herman, qui veut aller avec eux.
Reste donc, tu vois bien que c'est un prétexte pour l'emmener!
HERMAN
Mais... pourquoi n'irions-nous pas...?
KELLER
Bah! pleurer le baron? Ce serait de l'hypocrisie de notre part; nous ne le connaissions guère, et, si nous héritons, ce n'est peut-être pas sa faute ; qui sait ! il aimait ces gens-là mieux que nous !
HERMAN, dans le fond et suivant des yeux Juliette.
Ah! mon père!...
KELLER
Quoi donc ? à quoi soni^es-tu ?
m li
A ce que vous dites, précisément ; en effet, nous n'avions aucun besoin de cet héritage, nous autres! Nous avions de l'aisance, vous étiez actif, heureux... Je ne souhaitais rien de plus ! Et voilà un homme de bien, un homme de génie, une famille admirable... une fille... un ange!... Ah! la fortune est aveugle et jette ses dons.au hasard.
KELLER
Allons, i lions, pas d'exagération, Herman; on les assistera, ces pauvres gens. J'y songe; ils m'intéressent aussi, moi... (A part.) La mère est bien, très-bien. (Haut.) Je ne veux pas les renvoyer comme ça tout d'un coupi
KERMAN
Oh ! non, vous ne le voulez pas, mon père ! vous ne me causeriez pas celte douleur!
KELLEU, le regardant, à part.
Diable, diable! mon fils a lu des romans! et puis cette musique!,., ça ne vaut rien pour la jeunesse.