SCÈNE V KELLER, ANSELME
KELLER , très-animé, continuant sans voir Anselme.
Et moi, je n'ai que quarante-cinq ans... je no suis pas plus mal qu'un autre. On pciil l)ion ùUv vorliioiisc san-^ pour cold m 17
blesser les gens, (Juè diable!.. . Ridicule! moi,... ridicule!... Dirail-on pas...
..ANSELME, descendant.
Qui donc sort d'ici, monsieur ?
KELLEU.
Ah î vous cherchez votre mère? Elle s'en va par là,
Ar^SELME.
Et c'est à ma mère que vous parliez de la sorte?
KELLER, avec humeur.
Moi? Bah ! je ne lui parlais pas.
ANSELME
Mais je vous demande pardon !
KELLER
Mais je vous demande pardon aussi... Laissez-moi tranquille! Qu'est-ce que vous me voulez, vous?
ANSELME, irrité.
Je veux vous dire...
KELLER, l'interrompant.
Vous ne direz rien du tout; vous vous tiendrez coi, ou bien... c'est vous qui serez ridicule! Vous compromettrez votre mère.
ANSELME
Ma mère ne peut pas être compromise à propos de vous, monsieur ; mais votre conduite ri'ën est pas moins indigne d'un galant homme.
KELLER
C'est à moi que vous dites ça, malheureux ! sans respect pour...
ANSELME
Pour votre âge? Oh! vous n'êtes pas d'âge à souffrir une insulte; vous venez de le dire; vous êtes très-jeune, monsieur Relier, et, comme vous avez pris rang de gentilhomme, vous ne refuserez pas de me rendre, raison...
Ah bien, oui, raison ! raison à des visionnaires ! Oui, vous êtes une lauiille de visionnaires! Laissez-moi en repos... Je
n'ai pas peur de vos grands airs, moi! Mais je ne me bats pas
pour si peu ; et, puisque vous riez de ma seigneurie, je vous
dirai, moi, que ce n'est t)as la coutume des gentilshommes
d'accepter comine cela le défi du premier venu!
Herman paraît.
ANSELME
Alors, le premier venu a le droit de...?
Il lève la main sur Keller, Herman s'élance entre eux.