SCENE III
Les Mêmes, TOURXY, venant du dehors'; il tient une lettre. LE CHEVALIER.
Ah! c'est toi, monsieur le métayer? Je te croyais parti?
TOURNY
J'étais en route, not' maître ! mais j'ai rencontré... (a M. Au-
• beri^.) C'est une lettre pour vous, monsieur Aubert. (ii s'appro-
clie de lui, et lui dit tout bas.) De qui elle est... VOUS le verrez
bien; on m'a défendu de la donner à d'autres que vous, et
on attend.
M. ALBERT, qui a vivement parcouru la lettre.
Oui, oui!... Merci, mon ami. J'y vais.
Il sort par la grille.
TOURNY, au chevalier.
Et puis came fait penser... puisque je revenais... C'est une chose que je n';ii point osé vous demander à ce matin,
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not' maître! J'en suis toiirmcnlé cl je voudrais tant sculcnienl savoir où ça en est, ces affaires-là!
LE CHEVALIER
Quelles affaires?
TOURNY
On a tué du monde, on en a pris, on en a laissé sauver... Tout de même, il en reste encore du côté de chez nous, des gars qui ont marché, dans le temps, contre la loi et les huissiers... Contre les huissiers, c'est pas un mal; mais enfin, comme on recherche de temps en temps ceux qui ont fourni la corde..., il y a mon beau-frère qui a été dénoncé par des mauvaises langues...; et, comme M. le grand lieutenant est revenu de Paris...
BERNAUn, tressaillant. .
Ah I M. de la Marche est de retour?
TOURNY, l'observant.
Je le croyais!... si ça n'est pas... qu'il y soit ou non, si c'était un effet de votre bonté, monsieur Bernard, do lui parler!...
BERNARD
Moi! que je parle à M. de la Marche?
TOURNT.
Dame! puisque c'est lui qui vous a sauvé le désagrément que vous auriez eu... mèmement qu'on dit qu'il a été parler au roi pour vous et qu'il doit rapporter votre grâce... BERNARD, impétueusement.
Est-ce vrai, mon oncle, ce que dit cet imbécile?
TOURNV.
Oh! excusez-moi si...
LE CHEVALIER
C'est bon, c'est bon, Tourny ; on s'occupera do ta demande. Tu peux t'en aller sans inquiétude.
Il fait signe h Marcasse, qui emmène Tourny. iii 5