‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 16 sur 71 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

JEANNINE

C'est un air arabe ?

LUC

Asiatique, plutôt.

JEANNINE

Cela ressemble étrangement... à la musique arabe.

LUC

Toutes les musiques orientales se ressemblent.

JEANNINE

Allez-vous le rejouer ?

LUC

Demain, avec plaisir.

Ah... demain.

LUC, souriant.

Tout de suite, si cela vous est agréable.

JEANNINE

Oui, j'aimerais.

{Il se remet au piano. La vieille dame lui sourit et se retire à gauche. Jeannine s'est assise sur le canapé du fond et a plongé son visage entre ses bras repliés. Il joue ; au bout de quelques mesures, il s'aperçoit qu'elle est en larmes et s'arrête.)

LUC

Vous pleurez ?

JEANMNE

Ce n'est rien. Continuez.

LUC

Non. Je vois que cette musique vous rend nerveuse...

JEANNINE

Mais je n'ai pas les nerfs malades, Monsieur.

LUC, coniinuani, ... qu'elle vous trouble, en tout cas.

JEANNINE

Personne n'est plus calme que moi. Est-ce qu'on vous a dit que j'étais une malade nerveuse?

Pas précisément.

JEANNINE

On vous a dit que j'étais folle, n'est-ce pas ?

LUC, proleslanl.

Madame !

JEANNINE

Cela n'aurait rien d'étonnant. J'ai passé une année dans la clinique du docteur Mayen... Mais j'aurais pu la quitter depuis longtemps.

LUC

Pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?

JEANNINE

A quoi bon ? Vivre là ou ailleurs.,.

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