‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 22 sur 71 · SCÈNE I Idd · texte numérisé non relu

SCÈNE I Idd

JEANNINE

Je rignore.

N'aimiez-vous pas vos parents?

JEANNINE

Oh, si.

LUC

Les aimiez-vous également ?

JEANNINE, gênée.

Mais, mon Dieu, je ne sais pas... Je ne me rappelle pas...

LUC, qui la regarde avec insislance.

Si, vous le savez.

JEANNINE

Eh bien, j'avais peut-être une légère préférence pour mon père. {Rapidement,) Cela provient évidemment de ce que j'ai perdu ma mère tout enfant.

LUC

Et vous ne voulez pas me dire comment elle est morte ?

JEANNINE

Pourquoi cela vous intéresse-t-il ?

LUC

Il est possible que je trouve dans votre récit de éléments capables d'apaiser vos inquiétudes actuelles.

2GG LE MANGE un DE BÊVE^

JEANNINE

C'est tout à fait invraisemblable.

Vous ne diriez plus cela, si vous aviez lu l'Ombre du père.

JEANNINE

Je veux bien vous satisfaire, mais;..

LUC

Ne erb^ez pas qtië je cède à la curiosité;

JEANNINE, avec effort.

Eh bien, voici : mon père, qui est mort il y a quelques années, était ingénieur dés mines. Il vivait à Oran, mais nous passions nos hivers dans un village du sud appelé la Source Jaune. C'est de là qu'il partait poiir ses tournées de J)fospection, à travers lés rhontaghes de la frontière marocaine. (Cherchant inconsciemment ùri prétexte pour s'arrêter.) Je suis sûre que je vous ennuie ?

LUC

Continuez, je vous en prie.

JEANNINE

Quand ces tournées n'étaient pas trop pénibles, il nous emmenait, ma mère et moi, dans un chariot à mules. Il était grand amateur de musique arabe. Et dans tous les douars que nous traversiotts, il se faisait jouer les airs anciens.

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