SCÈNE lit
JKAXNINE
Oh, en voilà, un mensonge !
LUC
Un mensonge ?
JEANNINE
Est-ce vouloir ma paix que de m'embrasser, le soir, dans Pescalier ?
LUC
Vous étiez si grande, sur cet escalier... Vos cheveux pendaient si tragiquement... Et vous frôliez le mur d'une main si incertaine... Vous étiez tellement vous-même, enfin... chancelante et malheureuse... C'est cette image soudaine, dépouillée, de votre personne que je n'ai pu me retenir d'enlacer... Et je croyais que vous aviez pardonné.
JEANNINE
A vous, oui. Pas à moi.
LUC
Qu'aviez-vous à vous pardonner?
JEANNINE, bas.
Ma complaisance.
LUC
Jeannine !
JEANNINE
Oh, ne vous méprenez pas... N'imaginez rien de flatteur... Mais c'est si dur d'être privée de caresses î Il y avait près d'un an qu'un homme ne m'avait serrée dans ses bras.
LUC
Pourquoi vous condamnez-vous à cette vie d'ascète?
JEANNINE
Il est trop tard pour en changer.
LUC
Quel âge avez-vous ?
JEANNINE
J'ai vingt-huit ans... et quelques siècles.
LUC, riani.
Vous ne portez pas les siècles.
JEANNINE
Ils sont là.
LUC
Vous n'avez pas de meilleure raison ?
J'en ai d'autres.
LUC
Votre mari ?
JEANNINE
Non. Felse m'a rendu ma liberté.
LUC
Alors ?
JEANNINE, fronçant les sourcils.
N'insistez pas. Je vous demande simplement de ne plus jamais m'embrasser. Est-ce que nous ne