SCÈNE IX
LUC
Je préfère... ne pas te quitter.
JEANNINE
Va donc. Fearon avait raison. C'est un spectacle extraordinaire, ici.
LUC
Comment le sais-tu?
Je me le rappelle... depuis un instant... Va.
LUC, hésitant.
Mais que feras-tu ?
JEANNINE
Je me poserai sur un lit. Je t'attendrai.
(// sort. Jeannine va dans la chambre de gauche. On r entend remuer des objets. Le jour baisse rapidement et une lueur d'un rouge intense se répand sur les roches. On entend au dehors le faible crincrin d'un violon arabe. Jeannine apparaît et va écouter, près d'une des fenêtres. Fearon entre vivement du dehors et regarde Jeannine avec un mélange de curiosité et de cruauté.)
JEANNINE
Quelle est cette musique ?
FEARON, Vobservant toujours.
C'est un mendiant qui joue dans la cour.
JEANNINE
Un mendiant noir ?
FEARON, brusque.
Noir, gris, jaune, je n'en sais rien. Un mendiant couleur de mendiant. Qu'est-ce que ça vous fait ?
JEANNINE, allant vers la porte.
Il faut que je voie cet homme.
FEARON, lui barrant la route.
Tout à l'heure, Mrs Felse.
JEANNINE, étonnée.
Mais laissez-moi passer.
FEARON
Dans un petit moment.
JEANxMNE
Pourquoi m'empêchez-vous de sortir ?
FEARON
J'ai quelqu'un à vous présenter.
JEANNINE
Qui?
FEARON
Un témoin... Ne tournez pas autour de cette porte. Asseyez-vous. Dans dix minutes, vous serez libre. {Elle obéit.) Y oire amant, qui est un homme plein de sagesse, m'a chargée de faire une petite enquête sur les circonstances réelles de la mort de votre mère.