‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 62 sur 71 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LUC

Je préfère... ne pas te quitter.

JEANNINE

Va donc. Fearon avait raison. C'est un spectacle extraordinaire, ici.

LUC

Comment le sais-tu?

Je me le rappelle... depuis un instant... Va.

LUC, hésitant.

Mais que feras-tu ?

JEANNINE

Je me poserai sur un lit. Je t'attendrai.

(// sort. Jeannine va dans la chambre de gauche. On r entend remuer des objets. Le jour baisse rapidement et une lueur d'un rouge intense se répand sur les roches. On entend au dehors le faible crincrin d'un violon arabe. Jeannine apparaît et va écouter, près d'une des fenêtres. Fearon entre vivement du dehors et regarde Jeannine avec un mélange de curiosité et de cruauté.)

JEANNINE

Quelle est cette musique ?

FEARON, Vobservant toujours.

C'est un mendiant qui joue dans la cour.

JEANNINE

Un mendiant noir ?

FEARON, brusque.

Noir, gris, jaune, je n'en sais rien. Un mendiant couleur de mendiant. Qu'est-ce que ça vous fait ?

JEANNINE, allant vers la porte.

Il faut que je voie cet homme.

FEARON, lui barrant la route.

Tout à l'heure, Mrs Felse.

JEANNINE, étonnée.

Mais laissez-moi passer.

FEARON

Dans un petit moment.

JEANxMNE

Pourquoi m'empêchez-vous de sortir ?

FEARON

J'ai quelqu'un à vous présenter.

JEANNINE

Qui?

FEARON

Un témoin... Ne tournez pas autour de cette porte. Asseyez-vous. Dans dix minutes, vous serez libre. {Elle obéit.) Y oire amant, qui est un homme plein de sagesse, m'a chargée de faire une petite enquête sur les circonstances réelles de la mort de votre mère.

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