SCENE IX
JEANNINE, effrayée.
Comment cela ?
FEARON
Me renseigner auprès des pillards sur ce qui s'est vé-ri-ta-ble-ment passé.
JEANNINE
Ëh bien ?
Wellf J'ai eu la main assez heureuse. D'abord, je suis fâchée de détruire une de vos illusions. Dans le Tombeau de la Chrétienne, il n'y a pas de chrétienne.
JEANNINE, se levant.
Oh!
FEARON
Il n'y en a jamais eu. Cette tombe est vide comme une coquille d'œuf... Maintenant... {Elle fait un signe à la fenêtre. La porte s'ouvre et Belkaçem paraît.) Reconnaissez-vous ce gentleman ?
JEANNINE
• Il me semble... Il était là tout à l'heure...
FEARON
Vous Tavez vu auparavant.
JEANNINE
Je ne crois pas.
FEARON
Vingt-deux ans auparavant. f,/e«/2/î/ne e/ Belka-
çem se regardent.) Mais j'ai oublié de vous introduire. Excuse me. (Présentant avec une aisance mondaine.) Mister Belkaçem, Mrs. Felse.
JEAXNINE
Qui êtes-vous ?
BELKAÇEM
Ne demande pas qui je suis, demande qui j'étais.
JEANNINE
Qui étiez-vous ?
BELKAÇEM, souriant.
Un homme de poudre.
JEANNINE, à Fearon, avec horreur.
Est-ce lui qui a tué ma mère ?
FEARON
Plût à Dieu I Ce serait un soulagement pour vous, ma chère.
JEANNINE
Un soulagement ?
FEARON
Vous auriez, du moins, la preuve que vous ne l'avez pas tuée vous-même.
BELKAÇEM
Aucun des nôtres n'a tué ta mère, ce jour-là.
JEANNINE, louchant son front.
Elle a reçu la balle ici.