‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 9 sur 71 · Y E [J V I È M R TAR L E A 11 9H · texte numérisé non relu

Y E [J V I È M R TAR L E A 11 9H

un peu froide. Ainsi, vous ne l'embrassez presque

jamais. Pourquoi? Soyez aimante, caressante...

enfin, comme une fille doit être avec son père...

Et il changera peu à peu. Il deviendra moins

triste.

CLOTILDE, bas.

Le voici.

(Laurency paraîl à gauche, tenant à la main

son casque blanc)

AÏESCHA

A la bonne heure ! Le registre a disparu. (Elle va pour sortir.)

LAURENCY, avcc unc nuance d'angoisse.

Tu t'en vas ?

aTëscha

Oui, cher.

LAURENCY

Mais... tu peux rester...

AÏESCHA

Non, je vous laisse. Je sais que vous aimez mieux bavarder seuls...

(Elle rit sourdement en rentrant chez elle.)

LAURENCY, fosant son casque sur la table. Pourquoi rit-elle ?

CLOTILDE

Je ne sais pas. Elle est très enjouée, maintenant, avec moi. Elle a compris que je ne lui voulais pas de mal. Elle ne se défie plus. Elle s'abandonne.

94 l^E SIMOUIS

LAURENCY

Toi, ne t'abandonne pas trop. Ne te confie pas à elle.

CLOTILDE

Qu'ai-je à craindre ?

LAURENCY

Je la connais.

Père, je crois que tu exagères parfois un peu ta méfiance. Tu crois difficilement à la sincérité des gens.

LAURENCY

De quelles gens, mon enfant ?

CLOTILDE

De tous. L'Agha, par exemple...

LAURENCY, slupéfaîl.

L'Agha ?

CLOTILDE

Oui, je sais. C'est un homme perfide. Mais dans la demande qu'il t'a faite l'autre jour, il n'y avait peut-être pas d'intention blessante. 11 a voulu, — par intérêt, j'en suis sûre, mais sincèrement, — se réconcilier avec toi... Et, cherchant le moyen le plus efficace, il aura trouvé ce projet d'alliance.

LAURENCY, haussaut les épaules.

Ma pauvre enfant !

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