‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 119 sur 186 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

SARTERRE, THÉRÈSE.

THÉRÈSE, entrant de droite.

Tu allais sortir?

SARTERRE

Oui.

THÉRÈSE

Où vas-tu ?

SARTERRE, évasif.

Nulle part.

THÉRÈSE

Reste donc. Fanères va arriver. Nous ne serons pas seuls ensemble avant ce soir.

SARTERRE, feignant, par plaisanterie, un ennui qui est peut-être réel.

Bon, soyons seuls ensemble.

THÉRÈSE

Si tu restes par devoir, j'aime mieux que tu t'en ailles.

SARTERREj même jeu.

Je reste par devoir. {Cn temps.) Faut-il m'en aller?

THÉRÈSE

Non I (Ils rienl el s'embrassent.) Tu ne m'as pas embrassée, tantôt, au foyer.

SARTERRE

Exprès. Je t'aurais mordue.

THÉRÈSE

Pourquoi ?

SARTERRE

Quand on me joue, j'ai envie de mordre.

Et moi, de pleurer.

SARTERRE

Ça te remue encore ?

THÉRÈSE

Ça me remuera toujours... Michel, je ne puis m'empêcher de penser à cette Vicelli. Comment lui venir en aide? J'ai une telle pitié d'elle!

SARTERRE

Moi, il n'y a qu'une catégorie de fous sur laquelle je puisse m'apitoyer : ceux que l'excès de leur tempérament ou de leurs passions a détraqués.

THÉRÈSE

Tu penses à Vera ?

SARTERRE

Pas spécialement... Quant à l'autre catégorie, les maniaques par médiocrité...

(// fait une grimace.)

Page 1