ACTE
SARTERRE. rcmbrunl.
C'est vrai.
THÉRÈSE
C'est une grande chose ?
Oui.
THÉRÈSE
Encore une symphonie?
SARTERRE
Non... Un poème symphonique... avec des voix.
THÉRÈSE
Ah ?
SARTERRE, Gfrès uue késilalioii.
Je t'ai raconté cette traversée de la mer Rouge, à mon retour des Indes, pendant cet ouragan de sable qui soufflait sur la côte africaine ?
THÉRÈSE
Oui, je me rappelle.
SARTERRE
Ces nuits... ces nuits suffocantes où tout le paquebot geignait dans le vent de Nubie chargé de sable... Cette guitare qu'un Américain maniaque agaçait sans trêve au-dessus de moi... Ce rag-h'me, le même, toujours, pendant des heures... Cette mii&fque noire distiilant la fièvre... c'est tout cela que j'ai enyie d'exprimer.
l'.'i i'^ME VIE SECRÈTE
TiiÉRKSE, iimidemenL Mais... tu Tas déjà fait.
SARTERRE
I^as encore avec assez de passion. Pas encore avec assez de folie. Je crois que dans cette fournaise flottante... j'ai réellement été fou. {Thérèse se tait. Il la regarde.) Pourquoi ne dis-tu rien ? Mon idée te déplaît ?
THÉRÈSE
J'espérais que tu aurais envie d'écrire... quelque chose de tout à fait différent.
SARTERRE, la regardonl.
Deviendrais-tu, par hasard, jalouse de mon travail ?
THÉRÈSE
Moi ? Quelle idée!
SARTERRE, dési'gnanl le piano et souriant.
Habituellement, tu vis en bonne intelligence avec cette femme-là. C'est une vieille maîtresse de tout repos. Et nous sommes, après tout, un assez heureux ménage à trois... Ah, tu es cependant comme les autres femmes ! Tu me préférerais sans talent, sans démon créateur. Tout bêtement, un mari... un animal à toi toute seule.
THÉRÈSE
Non... Non... Je n'ai pas cet instinct de possession, d'accaparement. D'ailleurs, ce que j'aime en