SCÈNE XVÏI
LES MÊMES, FANÈRES.
{Le domestique inlroduil Fanères. C'est un vieillard au regard doux et serein^ aux manières tranquilles, un peu détachées, de qui suit un rêve étranger aux agilations de la vie moderne. Les cheveux blancs, légers, une mise négligée.)
FANÈRES
Bonsoir.
TIIÉKÈSE
Bonsoir, cher ami.
SARTERRE
Bonsoir, Fanères.
THÉRÈSE
Comme il y a longtemps que vous n'êtes venu! Il ne faut pas nous négliger ainsi.
FANÈRES
La gloire me fait un peu peur. Depuis que je la sais installée ici... j'hésite à monter l'escalier.
THÉRÈSE
Si vous n'avez pas de meilleure excuse...
FANÈKES
J'ai mes leçons d'harmonie. Plus de quinze élèves en ce moment. C'est très absorbant.
SARTERRE, peusanl à auire chose.
Je vous plains, mon pauvre ami. Quel métier !
FANÈRES
Mais, je l'aime. Je réunis mes élèves chez moi, le soir et nousfaisons de la musique... Ce sont de bons instants. Hier, nous avons joué du César Franck, jusqu'au matin. Quelle beauté, quelle pureté làdedans î
SARTERRE, riahl.
Voilà un éloge tout gonflé d'arrière-pensées !
FANÈRES, inlerloqué.
Mais...
SARTERRE
Je sais que vous avez à me parler. Faites-le donc bravement, sans détours.
FANÈRES
C'est vrai. J'avais des choses graves, dures, à vous dire... Je ne sais plus trop comment m'y prendre.
SARTERRE
Foncez î Je suis d'attaque. De quoi s'agit-il ? Mes successions de secondes? Mes appogiatures pas résolues ? Ça grince ? (Le doigl à son oreille.) Ça fait mal, là-dedans ?