ACTE II
VER A
Je voulais regagner le centre à pied. Je me suis trouvée dans un quartier de collines.
SARTERRE, même je II.
De collines ?
VERA
Des espèces de buttes, couvertes de décombres, de plâtras, comme après un tremblement de terre. Tout en haut, il y avait des masures en ruines et des prostituées devant chaque porte.. Des vieilles, assises en peignoir sur leurs marches et fumant au soleil couchant. Le vent du soir agitait leurs tignasses. Il faisait jaune. C'était si étrange que je me suis demandé si je ne rêvais pas.
SARTERRE
Le quartier existe. Je le connais.
VERA
Je n'ai jamais rien vu d'aussi effrayant. (Elle s'assied sur le divan.) Tu attends quelqu'un ?
SARTERRE
Oui.
Quel âge ?
SARTERRE
Dix-huit. La mère m^a montré une photo.
Il y a une mère?
VERA
SARTERRE
Oui.
VERA
Une vraie mère ?
SARTERRE
Je crois.
VERA
Méfie-toi.
(Elle se renverse en arrière, s'élire, énervée. Sarlerre quille le piano, va à elle el lui prend les poignels.)
SARTERRE
Enlève ton peignoir, si tu as trop chaud.
VERA
Non. Laisse-moi.
SARTERRE
Qu'est-ce que tu as, aujourd'hui?
Je suis triste. Je partirai, dès que cette fille sera là.
SARTERRE
Jalouse ?
VERA
J'en ai assez, de cette promiscuité.
SARTERRE
Pourquoi? C'est immoral? Contraire aux convenances ?