‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 134 sur 186 · A C TE II · texte numérisé non relu

A C TE II

SARTERRE

Alors, tu veux mourir?

VER A

Ou me venger.

{S ar terre ril doucement, se met an piano et commence à Jouer. Ver a, sans bouger, le fixe avec une expression d'effroi. Après quelques instants, Sar terre se retourne à demi.)

SARTERRE

Veux-tu boire?

VERA

Oui ! Donne-moi de la chartreuse.

SARTERRE

Prends... dans le placard.

(Il se remet au piano. Elle ouvre un placard, y prend un flacon et remplit un verre qu'elle vide d'un seul trait.)

Et toi, tu ne bois pas? Tu ne bois jamais, toi. SARTERRE, ybzza/z/ toujours.

Non. Laisse-moi travailler.

(Elle boit de nouveau, avec avidité, puis se laisse tomber sur le divan, d'oii elle observe Sarlerre avec une expression de haine grandissante. Sar terre continue de Jouer, de plus en plus envahi par son rêve.)

VERA, ioui à coup.

Je te détruirai, Michel !

SARTERRE cessc dc joucr et se retourne.

Ne le crois pas.

VERA

Si ! Je te détruirai.

SARTERRE

Tu ne peux pas. Tu m'es bonne malgré toi. Je fais de la musique, même avec tes pauvres colères.

VERA

Alors, tu me crois sans pouvoir sur toi ?

SARTERRE

Presque.

VERA

Et tu continueras à m'utiliser? A m'exaspérer ? A me rendre malade par jeu ? Eh bien, prends garde, Michel !

A quoi ?

VERA

Il y a des moments où la méchanceté m'étouffe, où je me sens forte, oui, d'une force à laquelle tu ne résisteras pas. Un jour, si je le veux, j'atteindrai ta raison. Tu seras perdu.

SARTERRE

Tu es à peu près folle, je le concède. Tu as une

Page 1