‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 135 sur 186 · ACTE 11 2i'J · texte numérisé non relu

ACTE 11 2i'J

volonté du mal assez amusante... de fort jolis vices, pour une demoiselle... Mais que veux-tu que ça fasse à mon bonhomme ? Il est encore plus fou, plus méchant et plus vicieux qu'une femelle de ton espèce.

VERA

Tu n'es pas un dieu. Tu n'as plus conservé des sentiments humains qu'un désir de souillure et de dégradation. Mais tu es pourtant un homme.

SARTERRE

C'est à dire ?

VERA

Tu es à la merci d'un hasard. La première fille venue peut te contaminer. (// hausse les épaules.) Paralvtique ou dément, ce serait une belle fin pour le « libérateur de la musique française... » Tu finiras mal, Michel. Ça, je le sais. Un jour viendra où tu ne pourras plus écrire... Tu pleureras comme un enfant sur ton papier à musique... Tu ne me crois pas? {On entend au loin la musique du bal public.) Dis, tu ne me crois pas ?

Non.

(Il va lenlemenl à la fenêtre qu'il ouvre Ver a se couche, épuisée, sur le divan.)

VERA, après un temps.

Ah! Ferme la fenêtre. Le bal est assourdissant, aujourd'hui.

SARTERRE, à la fenêtre.

Ce bastringue me plaît. Il est à la musique ce que la débauche est à l'amour.

VERA, avec désespoir.

Donne-moi à boire. (Il lui verse de la char- Ireuse. Elle boit. Il retourne à la fenêtre et regarde dans la rue avec insistance.) Qu'est-ce que tu regardes ?

SARTERRE

Il y a une voiture arrêtée à la porte... Personne ne descend.

(Elle se renverse en arrière sur le divan et ferme les yeux. Sarterre se dirige vers le piano. Mais une sonnerie l'arrête. Il sort de droite et rentre aussitôt, précédant la proxénète et Lise.)

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