ACTE II
SARTERRE, s'arrétant devant Thérèse, avec une irrilalion froide.
Puisque tu as un tel soucî de ma personne et de mon travail, puisque tu veux savoir, eh bien, tu sauras. Tu en sauras peut-être même plus que tu ne veux. C'est vrai, il y a autre chose. Vera n^est rien pour moi qu^une femelle entre cent. Dans ta voiture, tu as pu voir passer une entremetteuse et une fille. Cest ici qu^elles venaient. Il en vient tous les jours. Tout cela se déshabille sur le divan où tu es assise. Tout cela...
THÉRÈSE
Assez !
SARTERRE, ricanonL Tu as voulu savoir...
THÉRÈSE
Je ne te crois pas. Tu n^es pas cet homme-là. Un grand artiste ne se perd pas avec des prostituées. C^est absurde, c^est monstrueux.
SARTERRE
Cela est.
THÉRÈSE
Mais pourquoi ?
(La musique du bal se perd au loin.)
SARTERRE, se calmauL
Je l'ignore.
(Un silence.)
THÉRÈSE
Il faut regarder en toi-même et chercher le mot de cette aflreuse énigme.
SARTERRE, Craintivement, Pourquoi savoir ?
THÉRÈSE
Pour guérir.
SARTERRE, fossant dcvont elle, fuyant son regard avec inquiétude.
C'est que je n^aime pas beaucoup...
THÉRÈSE
Quoi donc ?
SARTERRE
Regarder en moi-même... Ni surtout... que les autres y regardent...
THÉRÈSE, prête à pleurer.
Les autres... Suis-je déjà avec les autres P Ah, Michel, est-ce parce que tu n'as entendu de moi ni cris, ni plaintes jalouses, que tu me repousses de toi ? Est-ce parce que j^essaye de cacher ma souffrance, que je te deviens tout à coup étrangère ?
SARTERRE
Tu ne m^es pas étrangère... Je te sens, au contraire, plus proche de moi, plus mêlée à moi que jamais.
THÉRÈSE
C'est bien vrai. Si je n'étais que ta femme, je