‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 58 sur 186 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

LA FILLE BALUD

Tant mieux !

LA FILLE JACQUEROD

On va rire un peu !

LE GRAND-PÈRE, se dressant à moitié hors de son fauteuil.

Les violons ! V'ià les violons î

LE VIEUX RALUD

Hein, vieux, tu te crois à ta noce ?

LE GRAND-PÈRE

Hé... violoneux !... Violoneux î... Joue-moi une bourrée !

(Il se lève, puis retombe.)

JEANNE

Paix... Paix... Il estpasséyle temps des bourrées.

(Musique derrière la porte. Amé va ouvrir. Le

grand Balmaz entre en jouant de la vielle.)

LE GRAND BALMAZ

Salut !

AMÉ, riant.

Et la mariée ?

LE GRAND BALMAZ

Eli' rattache sa jarretière sur Pherbe des prairies ! (Avisant les verres.) Bon Dieu, que chaleur I... J'vas boire un verre.

(Amé lui verse un verre de vin.)

RiBiERS, à Claire, L'autre jour, j'ai vu ton père, à Valsorenche.

CLAIRE

Ah, comment allait-11 ?

RIBIERS

Pour aller, il n'allait pas, vu qu'il était sous une table, à l'auberge du Mélèze et qu'il gueulait : « Je veux coucher là ! J'achète la maison, le terrain et tout ! J'en donne dix mille francs I » A fallu le sortir par les pieds. C'est qu'il ruait comme une mule !

LE VIEUX RALUD

Ah, que fou d'avoir quitté son chalet pour se saouler à la ville î

LE VIEUX JACQUEROD

Au train dont il y va, sa carcasse et ses écus ne lui dureront pas longtemps.

(Le grand Balmaz et les deux jeunes filles causent à voix basse dans un coin. Les jeunes filles rient.)

JEANNE

A qui le tour de conter, ce soir ?

LE VIEUX RALUD

C'est à moi.

JEANNE

Eh bien, vas-y.

AMÉ

Et qu'est-ce que tu vas nous conter ?

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